ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

ÉTUDES ET RECHERCHES D'ARCHITECTURE VERNACULAIRE

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No 24

Christian Lassure

Essai de classification fonctionnelle des constructions en pierre sèche du Lot

(réédition de l'étude de 1976)

L’ouvrage débute par un avant-propos situant cabanes, caselles et gariotes lotoises dans le contexte historique, économique et architectural d’une tradition peut-être médiévale qui connut un grand essor au XIXe siècle (avec l’extension de la petite propriété et surtout les défrichements en faveur de la vigne) pour s’éteindre pratiquement au début du XXe siècle avec l’agonie du vignoble malade, la guerre de 1914-1918 et l’exode rural.

Cette note préliminaire est suivie d’un essai de classement fondé sur des critères fonctionnels – plutôt que chronologiques ou morphologiques – les premiers étant inexistants au-delà de la 2e moitié du XIXe siècle et les seconds imparfaitement établis faute d’un recensement exhaustif. Le critère de la fonction, qui se détermine par la morphologie et surtout par les aménagements intérieurs, permet de distinguer cinq grandes catégories comportant chacune plusieurs types distincts :
1 - les abris pour humains (abris sous paroi encorbellée, guérites d’ouvrages d’épierrement, abris collectifs de vigne);
2 - les abris pour animaux (poulaillers, abris à bestiaux, bergeries);
3 - les resserres-à-outils à toiture en charpente couverte de tuiles creuses;
4 - les puits couverts par encorbellement;
5 - les habitations à voûte d’encorbellement.

Dans le cadre de cette classification qui ne prétend pas à l’exhaustivité, chaque type fonctionnel spécifique fait l’objet tout d’abord d’une description de ses caractéristiques générales puis d’une illustration par un, deux ou trois exemples particuliers, détaillés à l’aide de relevés en plan et/ou en coupe et d’une fiche descriptive. Un addendum est consacré aux maisonnettes de vigne, bâtiments qui se rencontrent sur l’aire de l’ancien vignoble lotois, au voisinage des édifices en pierre sèche.

Les abris sous paroi encorbellée sont des aménagements champêtres sommaires constitués par une paroi de mur de clôture ou de tas d’épierrement ou encore par l’angle de deux murs aux assises disposées en encorbellement. Dotés de supports ou sièges de pierre à la base des parois, ils étaient destinés à offrir aux travailleurs des champs un endroit où s’asseoir, où poser des provisions ou bien un matériel de culture ou d’entretien.

Les guérites d’ouvrages d’épierrement sont de simples abris pour une, deux ou trois personnes, parfois quatre, de dimensions réduites (généralement de la hauteur d’un homme penché) et d’une technique architecturale rudimentaire (une simple voûte d’encorbellement, pas de linteau). Ce sont véritablement des gariotes, des guérites au sens propre du terme.

Les abris collectifs de vigne, qui se rencontrent en général au sein d’anciens enclos de vigne en friche, sont de grands édifices circulaires ou rectangulaires présentant intérieurement une banquette de pierres destinée à recevoir plusieurs personnes, surtout au moment de la vendange.

Les poulaillers, cabanes de plan circulaire et à toit conique qui se trouvent soit dans les fermes soit dans un champ ou une vigne à proximité de celles-ci, présentent des aménagements caractéristiques (lucarne, orifice latéral d’entrée, niches, porte en bois).

Les abris à bestiaux sont représentés par un type spécifique constitué par de vastes édifices quadrangulaires à trois murs – l’entrée, toujours très large, occupant tout un côté – comportant comme aménagements des niches, une cachette, voire une crèche-mangeoire en pierre.

Les bergeries sont elles aussi représentées par un type spécifique, à savoir des constructions de plan rectangulaire abritant deux cellules en enfilade, la cellule antérieure servant d’abri au berger, la cellule postérieure de logement aux brebis. Comme aménagements, elles comportent une crèche en pierre ou un simple râtelier en bois.

Les resserres-à-outils à toit en pente simple couvert en tuiles creuses sont non pas des caselles proprement dites, puisque la voûte d’encorbellement est absente, mais des édifices apparentés à ces dernières par leur emploi de la pierre sèche pour les seules parois verticales. De plan circulaire ou quadrangulaire, présentant parfois une lucarne ou une niche, ces constructions renferment souvent encore une partie du matériel de culture et d’entretien abandonné par le vigneron.

Les puits couverts par encorbellement, situés dans les fermes ou dans les champs, emploient un type de couverture généralement très rudimentaire, constitué par une ou plusieurs grandes dalles plates posées sur un mur vertical semi-circulaire. Le type de voûte comme celle des caselles, en plaquettes encorbellées, est plus rare.

Les habitations en pierre sèche constituent, dans le haut Quercy, un type marginal, la plupart des édifices en pierre sèche étant essentiellement des annexes de la ferme. Le secteur de Béduer, au Sud-est de Figeac, laisse voir de nombreuses caselles cylindro-coniques très vastes qui furent habitées au XIXe ainsi qu’en témoignent les aménagements intérieurs qu’elles comportent (cheminée) et la tradition orale qui s’y rattache. Les occupants étaient généralement des ouvriers agricoles, souvent célibataires ou des personnes sans moyens d’existence, souvent seules.

Les maisonnettes de vignes de l’ancien vignoble de Cahors sont des constructions maçonnées qui se dressent au milieu des clos de vignes en friche sur les coteaux de part et d’autres de la rivière. Elles consistent en une pièce quadrangulaire coiffée d’un toit à double pente couvert de tuiles creuses. Dotées d’aménagements et d’un mobilier sommaires, elles pouvaient servir de logements temporaires aussi bien que de resserres-à-outils et d’abris contre les intempéries. Leur construction remonte à la 2e moitié du XIXe.

A la suite de ce classement des édifices en pierre sèche vient une description des principaux types de murs de démarcation et/ou d’épierrage et des tas d’épierrement, ces ouvrages lithiques qui accompagnent généralement les cabanes.

Parmi les murs, dont la tradition est attestée depuis le XVIe siècle, on trouve des murets simples entourant les parcelles ou bordant les cheminements sur les plateaux, et des séparatifs massifs, souvent doublés d’un ou deux contre-murs, sur les pechs de l’ancienne zone vinifère.

Parmi les amas d’épierrage, résultant de l’épierrement des pâturages de l’Est du Quercy au début du XIXe siècle ou des défrichements viticoles intensifs du Second Empire, on trouve des amas isolés parementés, simples ou multiples, possédant parfois des guérites incluses ou divers aménagements extérieurs (niches, sièges supports), ainsi que des amas résultant d’un apport de matériaux d’épierrage à l’extérieur d’une cabane préexistante.

Inclassables sont de nombreux tas de pierres informes au parement éboulé en raison de leur ancienneté ou de l’effritement du matériau calcaire gélif.

En fin d’ouvrage sont fournis quelques éléments méthodologiques destinés à faciliter le travail sur le terrain au chercheur, à savoir une liste du matériel de prospection, de recherches et de fouilles et une fiche de description type.

Format A4 - 76 pages - Xérocopie - Couverture bristol spiralée - Prix : 20 euros franco (Communauté européeenne)
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