ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE ET CRITIQUE DES OUVRAGES TRAITANT

DES VESTIGES LITHIQUES D’ORIGINE AGRICOLE EN BOURGOGNE

par Pierre Haasé


parution initiale dans L'architecture rurale en pierre sèche, tome 1, 1977

INTRODUCTION

Si les anciens vignobles de Basse-Bourgogne, comme les vignobles en activité de la Côte et du Mâconnais, abondent en vestiges lithiques (1), la littérature consacrée à l’étude de ces derniers est fort mince et fragmentaire. Quelques ouvrages signalent les vestiges, surtout les meurgers, qui, par leur ampleur, stimulaient l’imagination des auteurs et les incitaient à y voir des ruines antiques. Quelques lignes récentes ont été consacrées aux cabanes et abris de la Basse Bourgogne, et ce n’est guère qu’en abordant le Mâconnais qu’on trouve une démarche scientifique d’étude.

La plupart des auteurs ne signalent pas expressément les cabanes ou constructions diverses mais se contentent de considérations sur le caractère "pierreux" du sol, en en déduisant que les meurgers qui parsèment les terroirs considérés sont d’origine très ancienne. Quelques auteurs se hasardent à fixer une date (cf. Abbé B. Lacroix : Ve siècle ap. J. C.) sans pour autant apporter de preuves. D’autres plus prudents sur le chapitre de la datation, insistent sur le caractère complexe de la constitution des meurgers (cf. P. Poulain).

Les édifices parsemant les coteaux et plateaux de Bourgogne pourront être utilement rapprochés d’autres édifices mineurs qui utilisent les mêmes techniques de construction et de couvertures : fours, fontaines couvertes, lavoirs, etc. C’est dans cette optique qu’œuvre en Mâconnais A. Jeannet. Cette vision globale, partout où elle est possible, permettra des rapprochements instructifs (par exemple : utilisations concomitante dans les édifices mineurs d’un même terroir de la coupole en encorbellement et de la couverture en cul-de-four).

La présente bibliographie, non exhaustive, comporte 49 titres parmi lesquels :

- 25 concernent la Basse-Bourgogne (Yonne);

- 17 concernent le Mâconnais et le Chalonnais;

- 4 couvrent l’ensemble de la Bourgogne;

- 3 concernent les régions voisines, à titre de comparaison.

La présentation chronologique permettra de mettre en évidence l’évolution des hypothèse et des recherches entre 1870 et 1977 (2), avec toutefois quelques précurseurs au XVIIIe siècle. On constatera la persistance jusqu’à une date récente des théories "celtisantes" tandis que les quinze dernières années ont vu se développer l’hypothèse agricole rendant compte de la présence de ces vestiges lithiques. Cette bibliographie est analytique et critique car nombre d’ouvrages présentent des théories sujettes à caution en matière de datation ou des rapprochements abusifs.

NOTES

1 - Par l’expression vestiges lithiques, on désignera tout édifice dû à une pratique humaine d’épierrement, de clôture ou de construction d’abris, édifice tel que l’on en rencontre dans les zones actives ou abandonnées du vignoble bourguignon, principalement sur terrain calcaire. Le terme des vestiges s’applique plus précisément au fait que la plupart de ces édifices sont actuellement abandonnés ou inutilisés même si la parcelle où ils se situent est encore exploitée.

2 - Bien que non exhaustive, notre bibliographie a tenu compte des recherches anciennes. On constatera que nous citons 8 titres de 1870 à 1920, et 32 de 1959 à 1977. Le hiatus ainsi mis en évidence correspond à la période où les édifices tombèrent en désuétude et où la plus grande partie fut détruite dans l’indifférence la plus générale. Avant 1920 au contraire, le fait que les vignobles étaient encore en activité et donc que les terrains étaient d’accès aisé, alors qu’ils sont actuellement boisés ou couvert de friches, facilitait l’étude des vestiges; dans le même temps la curiosité archéologique pour les périodes non classiques naissait en France. Seuls Dard et Jeanton ont entre 1920 et 1940 utilement travaillé sur ce sujet en Bourgogne, dans le secteur du Mâconnais et du Tournugeois.

Sébastien Le Prestre de Vauban, Description de l’Election de Vézelay, 1696, publié par Coornaert en annexe à la Dîme Royale, Paris, 1933. Autre édition publiée par Boislisle, dans Mémoires des intendants de la Généralité de Paris, Paris, 1881.

Un des qualificatifs qui revient le plus souvent sous la plume de Vauban est "pierreux" ou encore "sec et aride" pour désigner les finages proches de Vézelay. Il note que le vin est dur et que l’exportation s’en fait, les meilleures années. Il semble qu’on ait là, dès 1696, un indice de l’expansion que connaîtra le vignoble de Basse Bourgogne (avec les vallées d’Yonne et de Cure) après 1720, en remplacement des vignes d’Ile-de-France en déclin. Les dires de Vauban se retrouvent presque mot pour mot dans plusieurs procès-verbaux de visitation de l’Election de Vézelay par des Intendants.

Rétif de la Bretonne, La vie de mon père, 1ère éd., 1778, Neufchâtel, 2 vol., 152 et 139 p. Ed. d’usage publiée par G. Rouger, Paris, Garnier, 1970, LV-316 p. (surtout livre II, pp. 70-75).

Rapportant les "essais d’agriculture" auxquels s’est livré à Sacy son père, Edme Rétif, l’auteur lui attribue l’invention des "meurgers". Il part d’une étymologie fantaisiste du nom du village, interprétant Sacy à partir du latin "saxo" (sic pour saxum), pierre. Rétif note que le bas du "meurger" est maçonné avec des pierres plus grosses, un peu de terre et des touffes d’herbe, jusqu’à hauteur d’homme. Dans ce parement est réservé un chemin "en limaçon" pour accéder au sommet du pierrier après chaque labour. Selon Rétif, la récolte d’un champ ainsi épierré double. Le père de Rétif aurait suggéré de faire épierrer les champs par des prisonniers sous la garde de soldats. Un meurger ainsi monté et parementé avant 1720 par Edme Rétif est encore intact en 1778. Outre ces champs gagnés à la culture sur les premières pentes, des coteaux plus escarpés et non labourables subirent le même traitement pour devenir vignoble dans les années 1720. Ce vignoble atteignit vers 1750 son optimum.

Il est exact que le finage de Sacy, Nitry, Vermenton, Joux-la-Ville, recèle des milliers de pierriers couronnant la plupart des coteaux. Beaucoup sont plus sommaires que celui d’Edme Rétif et croulent. Rétif souligne bien l’origine agricole de ces "meurgers". Mais il semble abusif d’attribuer à Edme Rétif l’invention de cette technique. Il serait plus vraisemblable de dire qu’il en fut l’un des propagateurs. On voit mal en effet comment dans les vignobles créés en ces lieux depuis les XIe et XIIe siècles on se serait passé d’épierrer les parcelles. L’originalité de Rétif père fut peut-être d’utiliser cette technique pour d’autres cultures que le vignoble, et de soigner l’appareillage du parement en y incluant terre et herbe. Il est intéressant de remarquer que Rétif père travaille à cet épierrage lui-même et ne se fait aider que par les domestiques (1).

(1) Ce texte est commenté par E. Le Roy-Ladurie dans l'Histoire de la France rurale, sous la direction de Duby et Wallon, Paris, Le Seuil, 1975, tome II, p. 462.

Antoine Aubry, Description du district d’Avallon, Avallon, chez Aubry, an III, non paginé.

Notant combien sont chargés en pierre les plateaux du Nord et de l’Ouest de l’Avallonnais, A. Aubry propose d’utiliser ces pierres entassées en "meurgers" à renforcer les routes, en particulier la route royale No 6 qui, de Vermenton à Lucy-le-Bois et Avallon, traversait cette zone, avant qu’elle ne soit déclassée et remplacée par la route de vallée longeant la Cure par Arcy et Sermizelles. Cette idée est à rapprocher de celle d’Edme Rétif qui voulait utiliser des prisonniers à épierrer les champs. Elles se complètent. Ce sont surtout les prisonniers de guerre que le citoyen Aubry veut ainsi "rentabiliser". Par ailleurs, l’importance des "meurgers" qu’il souhaite détruire laisse supposer plusieurs siècles d’épierrages en cette zone où plusieurs fondations monastiques s’implantèrent entre le Xe et le XIIe siècles. Enfin la disparition de certains "meurgers" aurait permis de restituer à la culture des surfaces inutilement encombrées.

Victor, Petit, Description de l’arrondissement d’Avallon, Auxerre, Gallot, 1870, surtout p. 32.

Décrivant les constructions rurales et paysannes qui existent dans l’arrondissement d’Avallon, V. Petit décrit la technique de couverture des bâtiments en "laves".

Par ailleurs, il décrit les murailles de pierre sèche ou jointoyée de glaise crue qui constituaient la protection des villages depuis le XVIe siècle : deux parements soignés et un blocage interne. On rapprochera cette technique de celle qui est utilisée pour certains "meurgers". Le fait que les villages aient communément utilisé de tels murs pour se protéger des pillards vers 1540-1550, implique la familiarité des paysans à construire ces murailles sommaires, familiarité acquise entre autres lors des pratiques d’épierrement.

Abbé Alexandre Parat, Enquête sur les murs, meurgers et crots de l’Yonne, annonce dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, tome 50, 1896, 3e partie, comptes-rendus de séances.

L’Abbé Parat établit et lance une enquête sur les amas d’épierrage dans l’Yonne.

Hippolyte Marlot, Les vestiges de Montfaute, dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, tome 51, 1897, 2e partie, pp. 3-18.

H. Marlot signale sur les pentes de la colline de Montfaute (commune de Guillon) des "terrassements anciens" au milieu d’une zone de vignes. De "petits monticules" complètent le site : 1 m de hauteur, 3 à 4 de diamètre. Il pourrait s’agir de vestiges d’épierrements mais les intervalles semblent peu cultivables. On peut aussi songer à des clôtures ou encore à des tumuli. L’ensemble suppose des abris disparus ou enfouis.

Une fouille pratiquée par Belgrand le 16 mai 1870 a livré des silex, de la poterie à gros dégraissant quartzeux et des ossements de ruminants. Une seconde fouille effectuée par H. Marlot confirme les premiers résultats et y ajoute deux fragments de hachette et un poinçon en corne de cerf. La poterie grise, noire ou rougeâtre, comporte des renflements en bouton et des dépressions digitées, typiques d’une poterie protohistorique.

Le fait que le site ait été occupé à l’époque néolithique et protohistorique, ce qui ressort des fouilles, n’empêche pas que tous les vestiges lithiques ne datent probablement pas de cette époque et que l’utilisation ultérieure du site comme vignoble a compliqué le réseau lithique en y incluant des pierriers et des murettes d’origine agricole mais d’aspect sensiblement identique à celles de l’antiquité.

Abbé Alexandre Parat, Camps de pierre de la région d’Avallon, dans Bulletin de l’association française pour l’avancement des sciences (Afas), Congrès de Reims, tome XXXVI, 1907, pp. 888-892.

L’abbé Parat présente dans sa communication au congrès une série de "camps" dont celui de Montapot, celui de la Côte de Chair, celui d’Arcy. Préhistorien et archéologue avallonnais spécialisé dans les fouilles des grottes d’Arcy et de Saint-Moré, ainsi que des sites gallo-romains de la vallée de Cure, l’abbé Parat attribue systématiquement à l’époque néolithique les "murées" édifiées en pierre sèche qui existent dans les environs d’Arcy. Quelques cas sont incontestables (Cora, Côte de Chair); d’autres semblent plus discutables et se situent dans la zone de l’ancien vignoble ou dans les zones de pacage (cf. infra à propos de Montapot).

Abbé Alexandre Parat, Les aggeres de Montapot, Auxerre, Milon, 1909, 11 p.

L’abbé Parat releva vers 1900 le plan d’un réseau lithique complexe que le terme d’aggeres désigne mal. Il s’agit d’un réseau de murets écroulés qui couvre la colline du Montapot près le Lac Sauvin, commune de Bois d’Arcy (Yonne). Dans la même zone existent des tumuli et une voie gauloise réutilisée à l’époque romaine comme raccourci de la Via Agrippa. "Inventeur" de nombreux "camps néolithiques" en pierre sèche dans tout l’Avallonnais, l’abbé a tenté d’insérer sa découverte du Montapot dans ce cadre. Des sondages n’ont pourtant guère livré de traces. La thèse du camp néolithique devait trouver en René Louis un nouveau défenseur (cf. infra).

Sans que l’on puisse songer à un vignoble disparu en ce site, car l’abbé en 1900 en aurait eu connaissance, on peut toutefois mettre en doute la thèse du camp bastionné. L’agencement des "bastions" est en effet on ne peut plus capricieux. Il n’existe à proximité immédiate aucun point d’eau pérenne. Enfin, certains murs n’ont dû présenter au temps où ils étaient intacts guère plus de 1,20 m de haut. Par contre dans ce terroir aride et pierreux, on peut raisonnablement songer à des enclos à bétail, à une époque où la colline n’était pas encore boisée comme elle l’est aujourd’hui. Une datation entre le XIVe et le XVIIe siècles semble possible.

Abbé Alexandre Parat, Vestiges antiques de la vallée de la Cure, Caen, Delesques, 1909-10, 39 p.

Les notes concernant le Montapot sont résumées dans le chapitre 2 de cette plaquette.

Abbé Alexandre Parat, Histoire d’Arcy, Auxerre, Gallot, 1915, 252 p., surtout p. 25.

Reprise succincte des notes concernant le Montapot.

Gabriel Jeanton, Le Mâconnais traditionaliste et populaire, Mâcon, Protat, 1912 à 1923, 4 fasc. Cf. fasc. II, 1917, p. 84.

G. Jeanton cite dans cette étude folklorique le cas des cadoles de Saint-Guy-le-Fort, en Tournugeois (nommé vulgairement Saint-Guignefort) groupées en agglomération et qui pourraient avoir servi d’habitation à des ermites, jusqu’au XVIIIe siècle. Cette tradition érémitique a en effet été vivace jusqu’au XVIIIe siècle (cf. travaux de Dom Patrice Cousin, dans Bulletin de la Société des sciences de l’Yonne, Nos 101 et 102, 1967 et 1968) et il n’est pas impossible que des ermites aient réutilisé des cadoles abandonnées, tout comme le "tailleur de pierres de Saint-Point" le fit vers 1840 (cf. infra).

Docteur Siraud, L’énigme du tailleur de pierres de Saint-Point, dans Bourgogne d’Or, 1931, No 58.

Le héros lamartinien Claude Des Huttes (ne serait-ce point la "traduction" française du terme patois "cadoles" par Lamartine ?) vécut, aux dires de l’auteur, dans une "masure de pierres sèches perdue à la lisière des bois de Saint-Point", à quelques pas de son lieu de travail de carrier. Lamartine atteste là, à travers la fiction romanesque, l’usage de "cadoles" comme habitation permanente de pauvres hères. Dard et Jeanton reprendront cette thèse évoquée une dizaine d’années avant eux par le Dr. Siraud. Que le véritable "tailleur de pierres" soit Claude Marty (ou Martray) ou encore Jean Duport, comme le démontre R. Oursel (dans Archéologia, No 42, 1972, pp. 70-78), il est sûr qu’un pauvre hère vécut au début du XIXe siècle au lieu-dit "Les Cadoles" sur le finage de Saint-Point où subsistent encore sous les broussailles des ruines informes. R. Oursel date son arrivée à Saint-Point de la période 1836-1841. Il est même fort probable que Lamartine, usant de plein droit des libertés que tout auteur peut se donner avec la réalité, a créé son personnage à partir de plusieurs modèles réels : l’un peut avoir été J. Duport, comme un autre peut avoir été l’anonyme demi-mendiant qui vivait alors aux "Cadoles".

Gabriel Jeanton, L’habitation rustique en pays mâconnais, Mâcon, imp. Buguet-Comptour, 1932, 120 p. (cf. p. 95).

Recensant les divers types d’habitations en Mâconnais, Jeanton fait une part aux édifices mineurs qui complètent les types principaux. C’est ainsi que dans le Sud du Mâconnais, aux confins du Beaujolais, il signale la présence de puits couverts en ogive à la manière des boris du Gard (région d’Uzès). Cette forme est en effet inhabituelle dans le Mâconnais où les couvertures en pierres sèches affectent plutôt la forme d’une calotte aplatie.

Gabriel Jeanton et A. Duraffour, L'habitation paysanne en Bresse, Mâcon, Buguet-Comptour, 1935, 180 p.

Le Tournugeois ayant des liens étroits avec la Bresse, l’étude de Jeanton et Duraffour aborde (p.163) le problème des "cadoles" ou "cadolles". Duraffour propose une étymologie d’origine grecque qui se justifierait par un passage par le provençal. Mais, ce terme qui signifie "fondation" (au sens d’action de fonder plus que comme objet résultant de cette action), nous paraît fort loin du mot populaire "cadole".

Le rapprochement que fait A. Juret avec le latin "casa" ou un terme italique "cadia" serait plus satisfaisant. On aurait alors une double dérivation : caselle/cadole.

Il n’est pas impossible non plus que la racine utilisée soit celle du verbe latin "cado" (tomber), par analogie entre l’aspect d’une construction en pierres sèches et celui des ruines diverses protohistoriques ou gallo-romaines qui avoisinaient. On songera à ce propos aux rapprochements opérés par Dard et Jeanton entre ruines protohistoriques (ou barbares ?) et cadoles.

Une autre racine latine (elle-même issue du grec) peut être évoquée : il s’agit du terme "cadus", qui désigne une grosse jarre, un tonneau, ou encore une urne funéraire. Par analogie entre les formes des jarres et celles d’une voûte de cabane, il est possible qu’on ait utilisé cette racine. Sans doute est-ce un fait du hasard, mais on notera que des urnes funéraires archaïques romaines se présentaient sous forme de cabanes.

Charles Dard et Gabriel Jeanton, Le Tournugeois historique et pittoresque, Tournus, Société des amis des arts et sciences, 1940, 2 vol., 124 et 136 p. (cf. surtout vol. 1, p. 87 sq.).

Evoquant les habitats rustiques, Dard et Jeanton soulèvent la question des "cadoles" en pierres sèches. La question principale est celle d’une datation. Des cadoles ont été construites jusqu’en 1920 et continuent en 1940 à être plus ou moins bien entretenues. Mais quel terminus a quo leur fixer ? La "tradition" est incontestablement fort ancienne sans que soit démontrée une filiation entre édifices antiques méditerranéens et édifices d’ailleurs ruraux et non plus culturels ou funéraires de nos régions. Dard et Jeanton notent que l’aspect archaïsant des cadoles n’est pas gage d’ancienneté, au contraire même, car la technique se perd et s’abâtardit. C’est ainsi qu’à La Combe (commune de Mancey, Saône-et-Loire, près de Tournus) existe une cadole datée par une inscription : La cadole "à Jean Guyot" : cette date est fort vraisemblable car elle correspond à la période d’extension des vignobles.

Il faut rendre hommage à la prudence avec laquelle Dard et Jeanton opèrent lorsqu’il s’agit de dater les édifices. Cette prudence est d’autant plus remarquable qu’elle intervient à une époque où la thèse "celtisante" est encore vivace. Cette influence n’est pas sans toucher nos deux auteurs qui, sans se hasarder à des affirmations, font cependant nombre de comparaisons avec les sites protohistoriques proches des cadoles.

Gabriel Jeanton et Charles Dard, Les cadoles en pierres sèches voûtées en coupole du Tournugeois, dans Bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome XLII, 1942, pp. 165-177.

Reprenant des notes éparses dans leur œuvre, Jeanton et Dard approfondissent un sujet qui n’avait jusqu’alors suscité aucune étude régionale importante : les cadoles, en particulier celles du Mâconnais septentrional et du Tournugeois. Ils citent de nombreux exemples précis et fournissent une iconographie précieuse : six photos, deux plans et deux coupes correspondant à divers types d’édifices. L’article est surtout intéressant par les rapprochements qu’il suggère entre les cadoles et les édifices d’autres régions françaises ou étrangères. Des essais d’étymologie sont moins convaincants : les origines grecques du mot "cadoles" sont plus que douteuses. Quatre types sont distingués, qui coexistent en Tournugeois : cadole ronde à coupole hémisphérique; cadole ronde hissée sur un socle en pierres sèches; cadole incluse sous meurger; cadole rectangulaire rattrapant le plan circulaire au niveau de la calotte. L’emploi du bois apparaît dans les édifices les plus récents. Jeanton et Dard sont fort prudents dans leur datation : s’ils multiplient les parallèles avec les édifices antiques et admettent que "la tradition est certainement millénaire", ils sont conscients que, dans les exemplaires conservés, "l’exécution peut être, dans bien des cas, assez récente". L’archaïsme de certaines techniques ne les empêche pas de dater quelques cadoles du XVIIIe siècle (avec à l’appui une inscription de 1756), et de noter qu’on construisit des cadoles jusqu’en 1920.

Fort intéressante aussi est leur affirmation d’un lien entre cadoles et vignoble même là où ce vignoble a cédé le pas à des pâtures. Enfin, tout un paragraphe démontre que certaines cadoles furent des habitations permanentes.

Un dernier point trouve son impact dans la reprise récente d’études sur les habitats préhistoriques en Côte d’Or : Jeanton et Dard rapprochent cadoles et "agglomérations" préhistoriques qui abondent sur les hauteurs. Fort prudents en ce domaine encore, ils se limitent à ce rapprochement sans affirmer quoi que ce soit. On comparera leur avis à celui de Nicolardot en 1974.

Maurice Berry et Pierre-Claude Fournier, Les couvertures de laves, dans Les Monuments historiques de la France, Paris, 1959, No 1 ( janvier-mars pp. 26-30.)

Les deux auteurs, avant d’étudier plus spécialement les couvertures en "laves", plaquettes calcaires utilisées en Bourgogne sous ce terme correspondant aux "lauses" méridionales, font allusion aux procédés de couverture par encorbellement, ou empilage. Ils notent avec raison que la simplicité même du procédé l’a perpétué à travers les âges et empêche toute datation à partir des seuls critères architectoniques. Ils étudient ensuite les couvertures en "laves", qu’elles reposent directement sur une voûte ou qu’elles ne soient soutenues que par une charpente et un voligeage. Ce dernier procédé existe dans toute la Bourgogne pour couvrir les grangettes ou maisonnettes de vigne à une ou deux pentes. La pose de laves sur voûte se retrouve dans des édifices mineurs (chapelle de Séchée, à Asquins, Yonne, en 1732). La pose sur charpente, du moins en ce qui concerne les grangettes, est un gage que l’édifice ne remonte pas au-delà du XIXe siècle; l’emploi du bois est cause de la fragilité des cabanes où il a été employé (linteau, charpente).

Louis Marion, La Franche-Comté, Paris, Hachette, Albums des Guides bleus, 1960, p. 23.

Dans cette présentation générale de la Franche-Comté, L. Marion évoque les vignobles jurassiens. Il signale entre autres l’existence de pratiques d’épierrement : "La vigne s’accroche aux murgers". Il est intéressant de noter l’utilisation du terme "murger" dans cette province voisine de la Bourgogne.

Emile Magnien, Le Mâconnais, dans Guide Bourgogne-Lyonnais, MAAIF, 1962, pp. 319-326.

Présentant le Mâconnais dans le cadre de ce guide touristique destiné aux enseignants, E. Magnien utilise les termes "murées" et "murgers". Aux premières, il assigne pour date d’édification l’Age du Bronze; aux seconds, il donne pour définition : "tas de pierre de défrichement d’origine souvent très ancienne".

Deux remarques : le terme de "murée" est utilisé en Bourgogne pour désigner souvent des tas d’épierrement et non pas seulement des fortifications néolithiques. On le trouve orthographié "meurée", "meurrier", "meurriée". Gaston Roupnel l’utilise sous l’orthographe "murée" pour désigner les enclos des vignes (cf. Histoire de la campagne française, Paris, Plon, 2e édition, 1974, p. 201). Sous cette forme, comme sous la forme "meurée", le mot est féminin. Il semble qu’il faille le distinguer des meurgers/mergers/murgers, termes qui désignent plutôt des tas d’épierrement tandis que les "murées" sont des murets ou des murs pouvant atteindre plusieurs mètres d’épaisseur et jouant bien sûr le même rôle d’épierrement que le meurger, mais servant aussi de clôture, voire de rampe d’accès. La distinction opérée par E. Magnien a donc sa raison d’être même si l’origine néolithique est contestable, Roupnel lui-même, bien que porté à supposer des origines néolithiques aux paysages, reconnaissant à la vigne une introduction plus récente.

Une seconde remarque vise le qualificatif "très ancienne" utilisé pour l’origine des meurgers. Cette définition est trop vague et il conviendrait de rechercher des preuves permettant de fixer un terminus a quo. On utilisera à cette fin les ouvrages d’Emile Thévenot (Origine du vignoble Bourguignon, dans Annales de Bourgogne, tomes XXIII et XXIV, 1951 et 1952, pp. 263-266 et pp. 245-267) et P. Forgeot (Origine du vignoble de Bourgogne, Dijon, 1973, 96 p.).

Emile Magnien, Tournus, guide historique et touristique, Mâcon, Combier, 1964, 88 p., surtout p.7.

Présentant le Pays de Tournus avant d’examiner l’abbaye et la ville, E. Magnien consacre une page à l’habitat. Il signale les toitures de "laves" des villages, puis, en tant qu’"élément humain du paysage", les "cadoles" et les "meurgers". Insistant sur le procédé des "assises circulaires en encorbellements successifs", E. Magnien fait preuve de la plus grande prudence lorsqu’il ajoute que "ces édicules semblent perpétuer dans le terroir des traditions 'architecturales' très anciennes, peut-être néolithiques". Ces atténuations accumulées se retrouvent lorsqu’il évoque les "murgers", leur attribuant pour origine le "défrichement séculaire" de la campagne tournugeoise. Formulation inattaquable car elle ne renferme aucune affirmation erronée, mais qui laisse le lecteur sur un grand point d’interrogation : combien de siècles trouvent-ils le gîte sous l’adjectif séculaire ? combien sous l’expression "très anciennes" ?

Parmi les illustrations, la planche No II a présenté une "cadole" dans la campagne tournugeoise : plan circulaire, toiture conique en "laves", linteau monolithique, piédroits de l’entrée dans le même petit appareil régulier que le mur porteur, larmier sur tout le pourtour. Il semble que la toiture ait comporté un épi.

Pierre Poulain, Camps et levées de pierre en Avallonnais, dans Bulletin de la Société d’études d’Avallon, vol. 63, 1964, pp. 92-94.

P. Poulain reprend les thèses d’une société néolithique pastorale et agricole (cf. Millote) qui aurait vers 3000-2000 avant J. C. constitué des cabanes et des enclos. Il s’appuie sur une fouille du Dr. Planson au Mont de Marcilly-sur-Tille (Côte-d’Or), où existent des clôtures et une cabane de berger appuyée sur une enceinte de pierres sèches. La datation proposée est de la fin du néolithique. Les petites enceintes et fossés voisins seraient de l’Age du bronze. Une de ces petites enceintes aurait été réutilisée au Moyen Age.

Mêmes remarques en ce qui concerne le "camp de Cora", près de Saint-Moré (Yonne). Mais P. Poulain insiste sur la permanence de l’occupation de ces sites du néolithique à nos jours et sur le fait que des sites indéniablement militaires comme Cora ont pu être modifiés à une époque récente par la culture de la vigne (murets de soutènement et limites de parcelles). La prudence s’impose pour une datation et seule une fouille décidera car "un murger d’épierrement peut avoir pour origine les ruines d’une villa romaine ou mieux encore un tumulus".

René Louis, L’enceinte celtique des Magnindes commandait le site des Fontaines Salées, dans Archéologia, ne2, janvier-février 1965, pp. 59-71.

S’appuyant sur les découvertes celtiques des Fontaines Salées de Saint-Père-sous-Vézelay (Yonne) et sur les études de l’abbé Parat concernant les camps "néolithiques" de la vallée de la Cure (cf. supra), R. Louis interprète les "meurgers", murets, rampes et autres vestiges lithiques du site des Magnindes-Laverons, à Foissy-lès-Vézelay, comme un camp de défense des captages des Fontaines Salées. Comparant ce "camp" à des fortifications celto-ligures de Provence, il date les vestiges des IVe-IIIe siècles avant J. C. Cette interprétation, fondée sur le seul relevé des vestiges sans aucune fouille, a trouvé en l’abbé B. Lacroix (cf. infra) un contradicteur acharné. Ce dernier en effet voit dans ces vestiges des traces uniquement rurales. Il cite entre autres plusieurs parties des Magnindes (dont l’abreuvoir) dans son étude sur les "meurgers". R. Louis au contraire estime que les cultivateurs et les vignerons ont détruit une partie des vestiges et il propose un plan comportant une importante restitution (murs, fossés, bastions).

La présence aux alentours du site, tant à Foissy qu’à Saint-Père, d’imposants vignobles aujourd’hui presque disparus impose la réflexion. Ces vignobles comportent des "meurgers" et des cabanes d’origine indiscutable, sur les climats de Mont Libeuf, Les Cropillons, Les Vignes Neuves, Les Crots Billaux, Vaux Bertin, La Côme au Maire. En revanche, le Mont Libeuf porte aussi plusieurs tumuli qui pourraient être antiques.

Pierre Poulain, Une belle couleuvre, la tour prétendument préhistorique d’Arcy-sur-Cure, dans L’Echo d’Auxerre, No 55, février 1965, p. 25.

Ce court article est une réponse à une affirmation de R. Louis dans son article sur les Magnindes (cf. supra, op. cit., p. 70) où il comparait les vestiges des Magnindes et de Bois-Franc à Arcy. P. Poulain révèle que dans ce dernier site, la "tour à double rouleau avec rampe en spirale sur le rouleau externe" a été édifiée vers 1935 par un certain M. G., habitant d’Arcy, et que les autres vestiges datent tout au plus d’un siècle ou deux. En dehors de la polémique archéologico-judiciaire entre R. Louis et ses détracteurs, cette note de P. Poulain a l’intérêt de rappeler que jusqu’en 1935 la technique de construction en pierres sèches est demeurée parfaitement vivace.

Abbé Bernard Lacroix, Les meurgers représentent quinze siècles de labeur et de patience pour l’épierrage des terres dans le sud du département de l’Yonne, dans L’Echo d’Auxerre, No 56, mars-avril 1965, pp. 3-11.

L’essentiel de cet article est une étude de la technique de construction des pierriers nommés "meurgers". L’abbé Lacroix met en évidence les problèmes d’écroulement du meurger sur la pente, et les ajouts que l’on peut déduire en retrouvant des parements anciens noyés sous une masse pierreuse plus récente. Il étudie aussi les divers types de murs, murets de soutènement, escaliers de vigne, chemins de vignerons. Montrant très nettement l’origine agricole et surtout viticole des vestiges, il s’oppose par là à la thèse "celtisante" de R. Louis, en utilisant comme lui l’exemple des Magnindes. Une courte étude des meurgers enfouis de vallée ou de plaine complète l’article. L’ensemble est très clairement illustré de photos et de schémas.

Cependant l’article ne répond pas entièrement à son titre car n’y sont évoqués ni les techniques mêmes d’épierrement (qui et comment ?) ni les problèmes de datation : en particulier rien ne vient à l’appui de l’affirmation selon laquelle il pourrait y avoir des "meurgers" datant du Ve siècle après J.C., s’est à dire de l’apparition de la vigne dans nos régions. Enfin, aucune indication si mince soit-elle, ni allusion n’est faite aux nombreuses cabanes et abris souvent inclus dans les "meurgers".

Pierre Bailly, Les édifices en pierres sèches de la région de Châteauneuf-sur-Cher, dans Cahiers du Berry, Société archéologique et historique du Berry, No 14, 1968, pp. 63-66.

Dans cette courte note, P. Bailly signale l’existence sur les deux rives du Cher d’anciens vignobles dont subsistent des "loges", murets et "murgers" d’angle. La technique d’empilage de pierres sèches et de couverture en encorbellement est généralisée mais on observe deux types de constructions différenciées par leur aspect extérieur : des édifices isolés, circulaires assez vastes (diamètre : 3 m; hauteur : 3,50 m) au nombre d’une douzaine; des plans ont été relevés et déposés aux archives départementales; d’autres édifices plus nombreux sont des "loges" ou guérite adossées ou incluses sous "murger"; plus petites et de profil plus aplati, ces "loges" nous apparaissent très proches des "louèges" de l’Avallonnais alors que les premières cabanes citées rappellent les édifices méridionaux. Des détails précieux accompagnent la note de P. Bailly : ces édifices étaient construits avec l’aide d’un maçon que l’on payait en vin; on en construisit jusqu’au début du XXe siècle; enfin P. Bailly adopte une datation fort sage : les constructions relevées ne remontent pas, selon lui, à plus de 150 à 200 ans, sans restauration ni remaniement. Mais il est tout aussi vrai, comme il l’ajoute, que la technique est plus ancienne, de même que l’implantation du vignoble. Enfin, il lance lui aussi un appel à la protection de ces édifices.

Abbé Bernard Lacroix, Etat des découvertes protohistoriques dans la région de Vézelay, extrait de L’Echo d’Auxerre, Auxerre, Imp. Moderne, 1970, 3 p.

Dans cette note l’auteur rapporte la remise qui lui a été faite d’un bracelet de bronze trouvé autrefois sous un "meurger" près d’Usy (commune de Domecy-sur-Cure, Yonne). Il semble que l’objet ait été enfoui lors d’un épierrement récent au cours duquel on aurait constitué le pierrier plutôt que dans l’Antiquité. Cependant on ne peut exclure l’hypothèse d’une cachette car, non loin, à Sermizelles, deux cachettes de fondeur enfouies sous des pierriers ont été mises au jour.

Abbé Bernard Lacroix, Vingt siècles de vigne et de vin à Vézelay, (catalogue d’exposition), Avallon, Air-Graphic, 1971, 28 p., introduction de W. Fèvre.

Un des documents photographiques de P. Kill présente de face une des cabanes du vignoble vézelien : cabane dite du vignoble de Vaudonjon. Il semble en fait qu’il s’agisse de la cabane située à 150 m de la R.N. 151, sur le finage d’Asquins, au débouché du Vau Pourri, près de l’ancien vignoble de Champ des Cercueils.

C’est là, à notre connaissance, la première mention explicite et la première illustration publiée d’une de ces cabanes en ce qui concerne l’Yonne et plus précisément l’Avallonnais et le Vézelien.

André Jeannet, Les cadoles, dans Groupe 71, No 8, février 1971, pp. 19-21.

L’auteur étudie les enclos ou "murées" du Mâconnais et leur technique d’édification : parement soigné et blocage interne de pierraille. Plans inclinés et escaliers permettent l’accès au sommet. L’usage de parements composés de dalles sur chant est noté. Les "cadoles" se situent au contact de murées ou de "murgers", isolés dans le Tournugeois (cf. supra E. Magnien), ou au sommet de "murgers".

A. Jeannet utilise le terme "murée" pour désigner des murs appareillés même fort larges (5 m) et le terme "murger" pour des tas d’épierrement plus informes. Les voûtes des cadoles sont en coupole en encorbellement. Les aménagements intérieurs ne se rencontrent pas systématiquement.

A. Jeannet parle de "concentration telle que le terme d’agglomération peut très bien lui être appliqué". Il suppose donc des villages de cadoles, et donne le plan de celui de Sagy-le-Haut (Saône-et-Loire). Il évoque par comparaison les bories, capitelles, mais aussi les "cabordes" de l’Yonne. Une datation lui paraît difficile, faute de traces, même après fouille. Toutefois, l’allusion à des sépultures du Premier âge du fer puis à des "huttes gauloises" de la vallée de Vals (Haute-Loire) laisse supposer que l’auteur croit à une origine protohistorique possible.

André Jeannet, Les cadoles en pierres sèches du Mâconnais, dans La Physiophile, Revue de la Société des sciences naturelles et historiques de Montceau-les-Mines, 1971, 7 p. (avec la collaboration de P. Guillot).

Marquant nettement le lien entre la nature du sol et la formation d’un paysage humain, A. Jeannet étudie rapidement les techniques d’épierrement (murets, murgers, enclos). Puis il étudie les "cadoles" de plusieurs communes du Mâconnais. Il note comme J.-P. Large (cf. infra) l’existence de constructions à plusieurs pièces, et établit un lien entre plan polygonal et inclusion sous meurger, tandis que les cadoles isolées seraient circulaires. Il s’attarde sur les aménagements : niches ("poutires"), cheminées; il signale entre outre l’usage de mousses pour colmater les couvertures. La plupart des couvrements sont en coupole avec larmier à l’extérieur pour éloigner les eaux de ruissellement des murs porteurs. Les cadoles polygonales sont couvertes de dalles horizontales ou en encorbellement. Il semble que l’auteur oppose ici voûte clavée et voûte en encorbellement. La destination de "cachettes" signalées à ras du sol demeure obscure. S’agit-il de guérites rudimentaires où l’homme se tiendrait accroupi ?

A. Jeannet consacre quelques lignes aux enclos, clôtures, chemins, et insiste sur le fait que les "cadoles" sont rarement isolées, sauf dans le sud du Mâconnais.

Très prudent pour avancer une datation, il se laisse toutefois aller à des comparaisons sommaires avec les "tholoï" et "nuraghes", et à l’affirmation non fondée qu’il ne s’agit pas d’abris à usage temporaire, sans pour autant dire à quel autre usage (village ?) elles étaient destinées. Plus ambiguë encore est l’allusion aux tumuli hallstattiens voisins (cf. Desaulle en Vaucluse).

Paul Meunier, Anecdotes historiques asquinoises, par un cultivateur né dans ce village, tome II, 1971, cahier manuscrit inédit.

Paul Meunier, rapportant comment se pratiquait le viticulture dans sa jeunesse, vers 1900-1915, note que les opérations de provignage (plantation) et de sombrage (piochage), ramenaient en surface une importante quantité de pierraille, du fait de la faible profondeur des sols de nos coteaux. Il note par ailleurs que les travailleurs mangeaient dans la vigne où les femmes ou les enfants venaient un peu avant midi leur apporter le nécessaire. Le repas pouvait avoir lieu dans le coin contenant la cabane à outils.

Roger Bailly, Compte-rendu de la visite de la Société d’études d’Avallon à Vézelay, le 19 septembre 1971, dans Bulletin de la Société d’études d’Avallon, vol. 66, 1975 (années 1972-1974), pp. 59-74 (surtout pp. 70-71).

Compte-rendu de l’exposition "Vingt siècles de vigne et de vin à Vézelay" (cf. supra, catalogue par l’abbé Lacroix).

L’épierrage préliminaire à la plantation consistait à ôter les "laves" et à les empiler au bas des pentes pour former des murs de soutènement, et aux limites de parcelles pour garantir la vigne des mauvais vents ou renvoyer sur elle les rayons du soleil.

R. Bailly signale aussi la construction en coin de parcelle d’un abri contre les intempéries : ces cabanes ou "louèges" (cf. en Franche-Comté la "loge" des animaux en montagne) sont des constructions sèches à voûte en encorbellement. Leur survie est précaire.

Le reste des pierres forme les "meurgers" pêle-mêle. Le risque de confusion avec des tumuli est signalé.

R. Bailly développe une intéressante comparaison des termes "louèges"/"loges". On peut aussi songer aux loges du Berry. À juste titre il rappelle l’origine agricole de ces vestiges. Il est à noter qu’il parle d’un empilement en bas de parcelle et non en haut (cf. infra, G. Heurley).

Chanoine P. Megnien, La vigne et le vin à Joigny (Yonne), à travers nos dialectes et notre folklore, tome III, Association bourguignonne des sociétés savantes, 1972, pp. 172-218, surtout p. 180.

Etudiant l’ancien vignoble de Joigny aujourd’hui disparu, le chanoine Megnien signale la technique des terrasses avec murets de soutènement et la nécessité de remonter les terres ("pourter la terre") à dos d’homme et de femme dans une petite hotte ("houquiau"). Il oppose la situation des pentes de Joigny relativement peu caillouteuses à celle des plateaux auxerrois où furent constitués par épierrage les "meurgers" (qu’il orthographie "murgets").

Jean-Marie Pesez, l’habitation paysanne en Bourgogne médiévale, dans Actes du congrès de la Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public, Besançon, 2-4 juin 1972, Annales littéraires de l’université de Besançon, Paris, Les Belles-Lettres, 1973, pp. 219-237.

Examinant les types d’habitation paysanne à la lumière de fouilles, J.-M. Pesez est amené à évoquer les techniques de constructions des murs de pierre sèche ou de pierre liée au mortier de terre ou de glaise crue. Ces techniques rejoignent celles utilisées par les paysans-maçons qui édifiaient les cabanes de vigne et autres édifices ruraux secondaires.

Gaston Heurley, Un grand vignoble disparu : la côte de Pourly, à Joux-la-Ville, dans Bulletin de la Société d’études d’Avallon, vol. 66, 1975 (années 1972-1974), pp. 171-174.

Etudiant le problème de l’implantation de l’abbaye de Fontenois et de son vignoble, avant que les moines ne se transportent à quelques kilomètres de là, à Reigny, G. Heurley en vient à proposer le site de Pourly qui recèle encore, au haut d’un coteau abrupt exposé au midi, sur 4 km, les vestiges d’un vignoble anéanti vers 1900.

Un "meurger" suit ce coteau. Un autre, long d’une centaine de mètres, se situe à 60 m de la route de Joux à Essert, divisant en deux le coteau. G. Heurley signale en outre que l’épierrage se faisait à la hotte et que le brassier redescendait avec une charge de terre arable. Dès le XIIIe siècle l’entretien du vignoble se faisait selon des baux perpétuels ou emphytéotiques. Partagé à la Révolution, il fut abandonné vers 1900 et n’a pu être reconstitué malgré le désir qu’en eurent après 1962 des familles de rapatriés.

Jean-Pierre Large, Les cadoles du Mâconnais, secteur de Genouilly, dans Bulletin de la Société d’études et de recherches archéologiques et historiques de Vagnas (Ardèche), No 8, 1973, pp. 9-14; No 9, 1974, pp. 19-20; No 10, 1975, pp. 23-29.

Explorant systématiquement le secteur de Genouilly (Saône-et-Loire), J.-P. Large donne dans les numéros 8 et 9 du bulletin de la SERAHV des plans-types d’édifices à une ou plusieurs pièces. Dans le No 9 il propose une coupe-type et une fiche d’étude et d’enquête. Mais la coupe figure malheureusement les parois comme formées d’une superposition de dalles occupant toute l’épaisseur alors qu’il s’agit le plus souvent de deux parements avec parfois un blocage interne.

Les "cadoles" présentées sont souvent circulaires et de profil cylindro-conique. Ouvertes à l’Est, elles montrent des aménagements intérieurs qui sont analysés dans l’article du numéro 10 : entrées, banquettes, arcs de décharge, niches, fenêtres, serrure, fontaine. Certaines cadoles constituent par leurs dimensions de véritables maisons permettant aisément le séjour de plusieurs personnes. Un exemple cite même un crépi intérieur. Les caractères généraux de ces "cadoles" les éloignent sensiblement des cabanes de Basse-Bourgogne; seule l’exiguïté des ouvertures et des entrées est comparable. Les formes de voûtes du Mâconnais (berceau, coupole…) sont plus variées.

L’étude de J.-P. Large, s’en tenant à un niveau descriptif sur une centaine d’édifices recensés, ne permet par contre aucune interprétation chronologique ou fonctionnelle. On complétera cette étude par celle d’Y. Dedianne.

Jean-Pierre Nicolardot, Structures d’habitats de hauteur à caractères défensifs dans le Centre-Est de la France, dans Antiquités Nationales, No 6, 1974, pp. 32-45.

Spécialiste de l’étude des "habitats de hauteur" en Bourgogne, J.-P. Nicolardot a procédé à des fouilles systématiques au "camp de Myard" à Vitteaux (Côte-d’Or) dont il a exposé les principaux résultats aux Journées archéologiques de Bourgogne de 1973 et de 1974. Il s’inscrit dans la lignée des recherches de l’abbé J. Joly. De fait, les éperons barrés, "châtelets" et enceintes foisonnent dans toute la région qui borde le vignoble de Dijon à Cluny.

Ainsi à Bouze-les-Beaune (Côte-d’Or), existe un éperon barré de construction originale : l’appareil y apparaît "cyclopéen" (si tant est que ce terme d’archéologie mycénienne puisse s’appliquer ici). Non loin, à Meursault, un autre camp est dit "Castel du Mont-Milan" et comporte en outre des "tours". Or ces deux camps dominent les célèbres vignobles de Beaune, Pommard, Volnay et Meursault. Ils voisinent avec d’autres sites protohistoriques : Nantoux, Agneux et Chassey, Rome-Château, Mont de Sène et Mont de Rème, etc.

Si l’origine protohistorique de ces sites ne semble guère douteuse puisqu’elle correspond à un type d’habitat dit de rebord de plateau, tous les aménagements qui constituent les sites ne nous paraissent pas antiques. J.-P Nicolardot lui-même admet que certaines murettes peuvent avoir été installées lors de l’utilisation des camps non plus comme habitat mais comme parc à bétail. Il ajoute ailleurs que le passage répété des hommes et des bêtes a certainement modifié le profil de maintes sections de murs, transformant par exemple des murs de refend en rampes d’accès. Les coupes de rempart qu’il donne, ressemblent singulièrement aux coupes de certains murgers : deux parements entre lesquels se situe un remplissage en pierraille et terre. Les habitats supposés comprenaient une structure ligneuse et des murettes en pierres sèches. N’y aurait-il pas eu à Meursault ou à Bouze, comme ce fut le cas au camp de Cora à Saint-Moré (Yonne), une imbrication très ancienne de vestiges protohistoriques défensifs et de vestiges agricoles (les enclos à bétail et vestiges de viticulture) ? La présence dans ce secteur de nombreuses cabanes de vignerons peut le laisser supposer. À quelques centaines de mètres à peine des vestiges fouillés par Nicolardot, nous avons nous-même noté la présence d’importants groupes de meurgers avec cadoles incluses ou non : à Bouze, Saint-Aubin, Gamay, Chassagne, La Rochepot, Nolay.

Les aménagements que présente J-P. Nicolardot dans les illustrations de son article font singulièrement penser aux niches ou "poutires" qui existent dans les cadoles ou même dans les murgers et murets pour mettre au frais les bouteillons des vignerons.

Une extrême prudence s’impose dans l’interprétation de certains vestiges en pierres sèches. Les errances dont l’étude du site des Magnindes à Foissy-lès-Vézelay (Yonne) a été l’occasion incitent au scepticisme lorsqu’une preuve formelle de l’origine protohistorique de certains murets n’est pas fournie. L’empilement de laves est on ne peut plus trompeur.

Françoise Thinlot, Maisons de Bourgogne, dans l’Inventaire régional sous la direction de J. Fréal, Paris, Hachette-Littérature, 1974, 112 p. (cf. chapitre 2, pp. 5-8 : "Un pays de pierre").

Présentant les cabanes rustiques comme premier emploi de la pierre qui sera en Bourgogne le matériau de base, F. Thinlot utilise quelques bonnes illustrations photographiques malheureusement non situées, et des schémas repris des études sur les cadoles du Mâconnais.

Le schéma et la coupe donnés comme type de la Bourgogne du Nord ne correspondent pas (échelle différente, proportions différentes) et l’une des parois est exagérément mince (une seule rangée de laves). L’allure de cette cabane de Bourgogne du Nord ne l’apparente à aucun type dont nous ayons connaissance.

F. Thinlot cite aussi les "murgers" qu’elle illustre de photographies de murgers envahis de végétations diverses, eux aussi non situés. La référence à une tradition "remontant à la nuit des temps" est trop imprécise.

Le chapitre présente surtout une ambiguïté fondamentale : situé en tête d’ouvrage et présentant les cabanes comme le premier mode d’utilisation de la pierre sèche à des fins d’habitat, il semble les situer historiquement dans une époque assez reculée. Ce principe implicite est plus que critiquable, surtout au vu des exemples iconographiques présentés qui ne paraissent guère pouvoir compter plus de deux siècles.

Yves Dedianne, Les cadoles du Mâconnais, secteur de Bonnay, dans Bulletin de la Société d’études et de recherches archéologiques et historiques de Vagnas (Ardèche), No 10, avril 1976, pp. 21-22.

L’auteur propose une datation précise : la tradition de la construction en pierres sèches est néolithique, mais les édifices subsistant actuellement remontent à deux périodes : soit l’époque gallo-romaine, soit les XIIe-XIIIes siècles. Dans le cas du Mâconnais Y. Dedianne retient seulement la seconde hypothèse, l’appuyant sur l’expansion du terroir cultivé à cette époque du Haut Moyen Age où la population augmente et où les fondations monastiques se multiplient. Cette conquête des terres dura jusqu’aux XVIIIe et même XIXe siècles. Y. Dedianne reste prudent dans les datations plus précises, conscient que les styles architecturaux sont de peu de secours en la matière.

La seconde partie de l’article présente les caractères généraux des cadoles déjà analysés par A. Jeannet (cf. supra). L’auteur signale en outre des "renfoncements" non couverts qui servaient de resserre à outils ou d’abri très momentané.

Cet article a le mérite de proposer une datation générale même si, lorsqu’on aborde des cas précis, il paraît plus difficile de retrouver des "cadoles" véritablement médiévales. Cette datation est en tout cas plus raisonnable que les hypothèses "celtisantes".

On comparera cet essai de datation à celui de Dard et Jeanton (cf. supra) qui insistaient sur les datations récentes ou relativement récentes (XVIIIe siècles).

L’essentiel de cet article avait déjà été examiné par Y. Dedianne dans une étude plus vaste parue en 1975 : Yves Dedianne, L’habitat rural dans le canton de Cluny, dans Bulletin de la Société des amis des arts et sciences de Tournus, tome LXXIII, 1975, pp. 89-148, surtout pp. 123-124.

Pierre Haasé, Un village en Vézelien, les vestiges du vignoble asquinois, dans L’Yonne Républicaine, Auxerre, 18-19 septembre 1976 (fait suite à deux articles publiés les 29 et 30 juillet 1976, Vestiges du vignoble asquinois, époque ancienne; vestiges du vignoble asquinois, XIXe siècle).

Une série de 18 articles publiés au cours de l’été 1976 constitue une monographie du village d’Asquins-sous-Vézelay (Yonne). Ancien village de vignerons, Asquins a vu disparaître la quasi totalité de ses vignes entre 1900 et 1950. Les coteaux ont été soit abandonnés, soit plantés de sapinières, soit remembrés pour les transformer en pâtures pour l’embouche. Dans ce troisième cas les vestiges lithiques ont été rasés tandis que sous les sapinières et les friches demeurent des murets, "meurgers", escaliers, portes, et surtout cabanes ou "louèges". L’article référencé ci-dessus visait un large public afin de sensibiliser la population régionale à l’étude et à la conservation de la petite architecture en pierres sèches. Sont présentés successivement les "meurgers", les terrasses, les cabanes. Les principaux caractères architectoniques et les aménagements possibles sont signalés. Une datation est proposée en trois époques de 1720 à 1800, de 1800 à 1870, enfin après 1870. Ces trois époques correspondent à une évolution typologique ainsi qu’à un usage de plus en plus fréquent d’éléments ligneux associés à la pierre sèche.

André Guyard, Ces cabanes au bord de la route, qui jalonnent notre passé, dans L’Yonne Républicaine, Auxerre, 24 septembre 1976, p. 2.

L’auteur attire l’attention sur les cabanes de cantonnier construites par les soldats du génie sous Napoléon Ier, et dont il reste, surtout en Puisaye, des exemplaires de plus en plus ruinés. Parmi ces cabanes construites avec des matériaux locaux, celles de Puisaye utilisent pierre et brique avec un enduit de ciment, tandis que celles des régions, calcaires comme l’Avallonnais sont en pierres plates ou "laves". Quelques-unes présentent des voûtes en encorbellement; d’autre réutilisent des abris sous roche (un cas à Asquins, Yonne); elles étaient en principe situées tous les cinq ou dix kilomètres. A. Guyard n’apporte pas de preuve de la datation avancée; beaucoup de ces cabanes sont plus récentes et datent des réorganisations du réseau routier sous Louis-Philippe et Napoléon III.

Pierre Haasé, les anciennes cabanes de vignerons à Asquins, dans L’écho d’Auxerre, No 125, septembre-octobre 1976, pp. 29-33.

Cet extrait d’une étude manuscrite sur "Le vignoble asquinois" reprend les thèmes exposés dans L’Yonne Républicaine, mais avec plus de détails et d’illustrations. L’auteur insiste sur l’expansion du vignoble entre 1720 et 1780 et sur son déclin après 1860, ainsi que sur la fragilité des édifices qui subsistent en 1976. Une typologie est proposée compte tenu des plans et profils des édifices. On distinguera les cabanes proprement dites des "grangettes" plus récentes, comportant une toiture charpentée et laissant au bois une large part. Plus vastes, plus aménagées (fenêtres, banc, cheminées), elles constituent un type intermédiaire entre le simple abri et la maison vigneronne.

Pierre Haasé, Cabanes et édifices de pierre sèche en Avallonnais et Vézelien, 10 p., septembre 1976, remis aux Editions Montalba, Paris, en vue d’une insertion dans le volume Bourgogne de la collection Bibliothèque régionale.

Insistant sur les pratiques d’épierrement, l’auteur avance l’hypothèse que cet épierrement s’intensifia au XVIIIe siècle avec les plantations de zones jusqu’alors délaissées parce que trop arides et pierreuses. Il signale le remploi des masses lithiques ainsi extraites dans l’aménagement du paysage rural : murs, chemins, soutènement.

L’article présente les divers types de cabanes et grangettes (cf. supra) mais fait une large part aux autres manifestations de l’architecture mineure : murets, portes, escaliers, terrasses, porches.

A côté des cabanes à destination purement viticole, existent des bergeries, loges de bergers, guérites d’affût pour la chasse, soues à porcs, puits couverts. Tous ces édifices procèdent des mêmes techniques que les cabanes de vignerons.

Une dernière partie de l’article signale les dangers qui menacent ces édifices : vandalisme, remembrement, abandon et ruine accélérée par les broussailles qui s’installent au milieu des voûtes, destructions volontaires par les troupes d’occupation entre 1940 et 1944 pour supprimer d’éventuels abris qu’utiliseraient les maquisards. Des mesures de classement et de protection s’imposent.

Pierre Poupon, Vignes et vignerons de Bourgogne, Le vin de Bourgogne, Paris, Montalba, 1976, 238 p., surtout pp. 73-74 et illustration p. 67.

Dans cette ouvrage collectif consacré au vin de Bourgogne, Pierre Poupon expose les problèmes du travail de la vigne. Il souligne dans un paragraphe que beaucoup de vignobles disparus peuvent encore être repérés grâce aux entassements de "laves" nommés "murgers", aux murs d’enclos et de soutènement, enfin grâce aux cabanes construites avec les meilleures laves une fois triées.

L’auteur compare ces cabanes aux bories de Provence et gariottes du Périgord. Elles servaient surtout de refuge contre les intempéries et de resserres-à-outils. Il signale le risque de confusion avec les "vestiges d’un habitat primitif".

Une illustration (p. 67), malheureusement non située mais probablement issue du Beaunois, montre nettement des murets de clôture encadrant un chemin de desserte serpentant entre les vignes : les pierres ont été retaillées en gros moellons épais de 10 à 15 cm et le muret est couvert d’un "hérisson" de pierres brutes sur chant. Le mur épouse les sinuosités du chemin.

Il est regrettable qu’un livre de la qualité et de l’importance de l’ouvrage édité par Montalba ne consacre qu’une colonne aux vestiges lithiques.

Mme Maupoil, Préparatifs des vendanges à Curtil-sous-Burnand (Saône-et-Loire), Association bourguignonne des sociétés savantes, A travers notre folklore et nos dialectes, tome IV, Dijon, 1977, pp. 65-66. Séance du 29/10/1964.

Mme Maupoil évoque lors de la séance du 29 octobre 1964 de la Commission de linguistique et de folklore de l’A.B.S.S. ses souvenirs d’enfance à Curtil : visite des vignes fin août (c’est la survivance du "ban"), parcelles séparées par des "meurgis" couverts d’aberaigie (plante voisine de l’ipomée, et que les chèvres adorent), "cadeules" prises dans ces murailles et couvertes de sarments, pieds de groseilliers, de cassis et d’osier ("amarnés") entre les ceps.

Cette courte note est intéressante car elle nous fournit une prononciation originale des termes "meurgers" et "cadoles" en Saône-et-Loire. Par contre il semble que quelque confusion existe dans l’emplois du terme "cadole" : Mme Maupoil semble ne désigner ainsi que les abris couverts de branchages ou de sarments (guérites) alors que le mot "cadole" désigne plutôt une cabane couverte en pierre sèches. Y. Dedianne et J.-P. Large (cf. infra) distinguent nettement ces deux types d’édifices.

Note : En annexe au volume IV de L’A.B.S.S. sont publiées des planches de photographies. Parmi elles, une "lapinière" située à Saint-Mesmin et édifiée en pierres sèches, couverte en encorbellement selon un profil très aplati, haute de 1 m environ (d’après un bâton repère). On relève là un usage intéressant du terme "lapinière", clapier en pleine nature.

Jean Guilly, Les cabanes vigneronnes de l’Auxerrois, manuscrit à paraître, Volume Bourgogne de la bibliothèque régionale Montalba, Paris, 1977.

L’auteur, ancien vigneron lui-même et fils de vignerons, procédant selon une démarche plus poétique et nostalgique que scientifique, décrit les "meurgers", clos et cabanes de la région de Prégilbert, Sainte-Pallaye et Accolay (Yonne), en bordure de l’ancienne route romaine d’Agrippa, sur des coteaux abrupts dominant les vallées d’Yonne et de Cure. Les cabanes observées en 1970 ont en 1976 pour la plupart disparu par vandalisme. Un ensemble pourtant a été sauvegardé et restauré par un vigneron qui y a replanté un clos. La cabane se situe sur la face interne d’un meurger qui enclôt totalement la terrasse.

Le père de Jean Guilly devant sa cadole © Jean Guily

Les amoncellements de pierre de cette zone, visibles de fort loin sous l’aspect de plaques blanchâtres, sont actuellement entamés au bulldozer pour servir à empierrer les chemins ruraux du plateau.

BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE ET CRITIQUE DES OUVRAGES TRAITANT DES

VESTIGES LITHIQUES D'ORIGINE AGRICOLE EN BOURGOGNE

COMPLEMENT

par Pierre Haasé

Parution initiale dans L'architecture rurale en pierre sèche, tome 2, 1978

Depuis la publication de notre bibliographie bourguignonne qui comportait 49 titres, de nouvelles publications ont eu lieu et d'autres titres sont venus à notre connaissance. On trouvera ci-dessous une analyse détaillée de ces nouveaux titres. Par ailleurs, on complètera l'étude des toitures de laves de M. Berry et P.-C. Fournier que nous signalions (L'ARPS, t. I, p. 172) par un article de E. Bonnel, Couvertures en laves en Bourgogne, Les Monuments Historiques de la France, Paris, 1964, No 1 (janvier-mars), et par un article paru dans le Courrier de Saône-et-Loire du 5 mars 1976. Enfin nous prions M. Pierre [at] de bien vouloir nous pardonner la confusion qui nous fit attribuer à Louis Gerriet le chapitre qu'il a consacré dans l'ouvrage collectif Le Vin de Bourgogne, paru chez Montalba, à décrire "Vignes et vignerons de Bourgogne" (L'ARPS, t. I, pp. 181 et 183). Les lecteurs en possession du tome I voudront bien corriger cette erreur.

Deux articles signalés dans notre bibliographie sont demeurés au stade du manuscrit car les éditions Montalba ont momentanément renoncé à publier le volume consacré à la Bourgogne. Il s'agit de l'article de M. Jean Guilly que l'on trouvera dans le présent tome II de L'ARPS, et de celui de M. Pierre Haasé, Cabanes et édifices de pierres sèches en Avallonais et en Vézelien.

Nous évoquions dans notre précédente bibliographie la querelle qui s'éleva à propos des meurgers des Magnindes de Vézelay. On complétera ces notes (L'ARPS, t. I, pp. 173-174) par deux articles :

- Raymond Kapps, Réflexions sur les fouilles des Fontaines Salées, dans L'Yonne Républicaine, Auxerre, in F°, 28/9/1964 et 1er et 7/10/1964;
- Abbé Bernard Lacroix, Le prétendu camp proto-historique de la colline des Magnindes à Foissy-lès-Vézelay : Murailles ou meurgers ?, Idem, 29/9/1864.

Cette bibliographie bourguigonne s'est donc enrichie en une année de dépouillement. Elle est encore loin d'être exhaustive et pourra bénéficier des apports et enrichissements que ses lecteurs voudront bien lui apporter.

Pierre Larue,
- Le travail du sol dans les vignes, Narbonne, F. Caillard, 1902, in 8°, 192 p. ;
- Modification du vignoble en Côte, dans Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Auxerre, 1915-1916, in 8°, tiré-à-part, 8 p.

Ces deux articles de Pierre Larue se complètent. Dans le premier, consacré surtout à l'outillage, il évoque rapidement le travail de remontage à la hotte des terres ou "terrage" qui avait lieu tous les trois ou quatre ans. Il cite le cas de Chablis (Yonne) où l'on plantait les trois quarts de la parcelle, le quart restant servant à remblayer. Le rocher est là à 30 cm à peine de la surface. La mise en place de terrasses est une solution à cet écoulement des terres.

Le second article développe ces idées. La plantation au XIXe siècle s'effectuait selon la ligne de la plus grande pente avec des recoupes par des fossés horizontaux, tronçonnant la parcelle. Les terrasses étroites évitent ce remontage fastidieux même si la surface de la terrasse n'est pas absolument horizontale. Larue conseille l'emploi de murs de soutènement ou de talus inclinés à 30%. La deuxième solution est le remembrement et la replantation selon les courbes de niveau, technique expérimentée en Chablisien. Enfin il évoque plus succinctement l'empierrement et le tracé des chemins.

Cette étude n'a rien de bien original. Elle est cependant intéressante car Larue a tenté de reprendre en Bourgogne une technique plus spécifiquement méridionale : celle des terrasses. Déja utilisée dans les petits vignobles (Vézelien), elle gagnerait, selon lui, a être généralisée dans des secteurs plus riches (Auxerrois, Chablisien).

René Horiot, Les murées de Volnay,dans Commission des Antiquités de Côte d'Or, séance du 21 novembre 1962, Dijon, compte-rendu en Pays de Bourgogne, Dijon, in 8°, N° 40, 1er trim. 1963, p. 680. Texte déposé aux archives de Dijon.

M. R. Horiot, habitant en Saône-et-Loire une région riche en murgers et en cadoles au nord de Cluny, fait part à ses collègues d'un théorie concernant les cabanes et murées fort nombreuses qui dominent le vignoble entre Volnay et Santenay. Il s'agirait de vestiges d'une ligne défensive de la frontière éduenne.

Nous avons eu l'occasion, personnellement, de constater que ce secteur comporte des dizaines de vestiges importants, entre autres des chemins pris entre deux murailles, des cabanes isolées ou incluses sous meurger. De son coté, M. J.-P. Nicolardot a signalé l'existence de camps dans tout ce secteur (cf. L'ARPS, t. I p. 178). La plus forte concentration se situe entre Santenay et Chassagne-Montrachet, et entre Gamay et Blagny; plus au nord au-dessus de Meursault, de Volnay et de Pommard, ainsi qu'à Bouze-lès-Beaune. L'origine agricole de ces vestiges nous apparaît comme indiscutable, vu l'antique origine du vignoble en cette région et la prédisposition géologique et géographique de la côte à porter cette culture. Nous avons déja eu l'occasion de dire (cf. L'ARPS,t. I, p. 178) qu'à notre avis il pouvait y avoir eu superposition à des vestiges antiques et à finalité militaire de vestiges pastoraux et vinicoles.

Christian Couronner, A "Pissevin" sur les hauteurs d'Asquins, le château fort de la "flack" devient vraiment ruines, dans L'Yonne Républicaine, Auxerre, in F°, 6 avril 1972, 2 ill.

Dans cet article, M. C. Couronner signale, quelques années avant P. Meunier (cf. infra), l'existence de ruines en pierres sèches sur les hauteurs de la commune d'Asquins (Yonne). Il s'agit d'un poste de D.C.A. ou "flack" allemande, édifié entre 1940 et 1943, au terme d'une véritable corvée infligée aux villageois pour monter en Pissevin les matériaux nécéssaires, à commencer par des monceaux de "laves". L'édifice comporte une barbacane flanquée de deux tours rondes. Il est intéréssant de noter cette utilisation de la pierre sèche à cet usage militaire, à une date aussi récente. On ne manquera pas de songer aux murailles étudiées par M. O. Rochereau dans le Comté de Nice (Archéologia, No 105, avril 1977). L'utilisation militaire est ici fort secondaire puisque ce sont les villageois qui édifièrent les murailles et mirent donc en œuvre les techniques qu'ils utilisaient autrement couramment pour leurs cabanes de vigne. Il semble que nous ayons là le dernier usage clairement attesté en Bourgogne de la construction en pierres sèches.

Un examen attentif des vestiges devrait permettre de préciser s'ils ne viennent pas prendre appui sur des vestiges antérieurs : le nom même du climat indique clairement qu'il porta un vignoble, et des "lavières" existent à son pied. M. C. Couronner soulève cette hypothèse, certains des murets qu'il a observés lui paraissant être plutôt des murets de soutènement. Nous le suivrons moins volontiers lorsqu'il évoque la possibilité d'une enceinte ceinturant le plateau et demeurée mystérieuse. Moins volontiers encore lorsqu'il parle de "ruine médiévale", alors que n'existe aucun élément de datation. Un relevé soigné des vestiges (enfouis au demeurant sous des broussailles) et quelques sondages devraient permettre de trancher.

J. Dolveck, D'une pierre deux coups, point de vue et réflexions, dans Le Moniteur, 12 septembre 1977, N° 36-77, in pp. 31-32, ill.; sous-titré : Un mode peu onéreux de réalisation des chemins ruraux.

Ingénieur agronome et paysagiste, M. J. Dolveck constate que les monceaux de pierre qui forment les murgers bourguignons constituent une gêne, voir un nid à vermine. Par ailleurs, par souci écologique de ne pas "dénaturer la nature", il propose de substituer à l'empierrement des chemins ruraux à partir de pierre fraîchement extraite, concassée et calibrée, un revêtement pris dans les murgers ou encore dans les déblais de carrière, comme les "cavaliers" de Comblanchien. La méthode mise au point par Agri-Travaux, de Ruffey-lès-Beaune, semble techniquement satisfaisante et permet à la fois de déblayer les champs de leurs murgers et de ne pas créer dans le paysage de trouées nouvelles. Reste à s'émouvoir comme le fait l'auteur sur les "mystérieuses cadoles défiant le temps" et possédant "un certain charme". On peut remarquer que la méthode préconisée est d'ores et déjà largement employée; ainsi, dans les secteurs à épierrement du sud de l'Yonne (Séry, Foissy-les-Vézelay, etc.), les murgers et, partant, les "cabordes" ou "loges" sont entamés. Toujours est-il que ces larmes et ce sentimentalisme aboutissent à un prosaïque : le progrès est une nécessité ... qui condamne les cadoles. Un détail toutefois est intéressant au fil de ce texte : M. J. Dolveck fait une estimation du coût actuel des constructions de muret en pierre sèche : environ 500 F/m2, sans les fournitures. L'illustration de l'article nous permet de voir une cadole de la Côte d'Or, occasion de rappeler que les régions de Meursault, Beaune, Bouze, etc., fourmilllent de ces constructions encore non répertoriées. Enfin on rapprochera la méthode préconisée par M. J. Dolveck de celle que le révolutionnaire avallonnais Aubry conseillait pour l'entretien des routes (cf. L'ARPS, t. I, 1977, p. 168).

Paul Meunier, Chronique du pays de Vézelay, Anecdotes asquinoises, Edition de Civry, Collection "Le Messager Boiteux", Avallon, 1977, in 8°, 160 p. , ill. , surtout pp. 132-150.

Cet ouvrage est la version imprimée du manuscrit que nous signalions (L'ARPS, t. I, p. 176). Quelques chapitres inédits nous intéressent particulièrement. M. P. Meunier reprend le problème du "chateau-fort" de la "flack" à Pissevin (cf., supra, C. Couronner). Il rappelle que les matériaux nécessaires furent en partie prélevés sur place : vieux murs, cabanes, carrières. Une partie des murailles fut montée à sec, une autre cimentée. L'enceinte faisait 40 m sur 25 m de haut. Les deux tours servaient de nids de mitrailleuses.

Dans un autre passage, M. P. Meunier rappelle qu'en l'hiver 1940-41, une des "loges" du vignoble de Mornay servit de cachette à un noir que la population ravitailla. Ce témoignage confirme celui que nous avions relevé à Tharot et que nous signalions (t. I, p. 14) pour expliquer les destructions massives de cabanes dans ces secteurs de maquis. Une grande partie des cabanes asquinoises disparut ainsi d'autant plus que cette période correspond à la phase d'abandon totale de certains climats du vignoble.

Albert Colombet, Le folklore de la chasse en Bourgogne, à travers notre folklore et nos dialectes, tome IV, Dijon, 1977, in 8°, pp. 133-178, surtout p. 155, ill.

Dans une vaste étude M. A. Colombet rassemble les résultats de deux enquêtes de la Commission de linguistique et de folklore de Bourgogne. Il est amené à évoquer la protection du gibier et signale de petites constructions à usage de lapinières observées à Saint-Mesmin en Saône-et-Loire, et connues aussi à Aubigny-lès-Sombernon dans la Côte d'Or sous le nom de "ronds à garennes". En Saône-et-Loire, elles se nomment "cavaliers". Ces constructions se présentent comme un petit meurger circulaire de 2 m de diamètre sur 1,60 m de haut. Intérieurement, des boyaux permettent la circulation des animaux avec toutefois des fosses servant de pièges à furets. La tradition attribue cette invention à un riche propriétaire de la Serrée près de Mesmont (71), au XIXe siècle, M. Rameau. M. Colombet, pour sa part, estime que certains édifices sont plus anciens.

Le terme "cavaliers" est relativement impropre pour désigner ces constructions, car il signifie seulement "remblais", sans indiquer ni la structure ni la fonction des lapinières.

Cette étude est accompagnée d'une illustration : la lapinière est en assez mauvais état, recouverte de mousse. On distingue toutefois nettement l'entourage de la base formé de grandes laves placées verticalement et formant un couloir de circulation où venaient s'ouvrir les boyaux. Un plan accompagne cette note : on constate que chaque boyau d'accès est pourvu d'un piège à furets. Une réserve s'impose toutefois quant à la représentation sur ce plan des laves intérieures.

R. Dalnoky, Histoire d'une maison brûlée, dans Science et Vie, Paris, mars 1977, N° 714, in 8°, tome CXXIX, pp. 54-57 et 144, ill.

Cet article, annoncé au sommaire de la revue sous le titre "Autopsie d'une maison brûlée du XIVe siècle", présente au grand public les résultats des fouilles de Jean-Marie Pesez, à Dracy (Côte-d'Or). La maison, incendiée vers 1360, a conservé tout son matériel. Elle est adossée à la falaise et comprend quatre pièces. Les murs liés à la terre ne reposent sur aucune fondation profonde. Cette particularité nous rapproche des techniques utilisées pours les murs de pierre sèche. Une couche d'argile rubéfiée atteste l'existence d'un étage dont le plancher était recouvert de terre battue. La couverture en laves calcaires a également été retrouvée : c'était un faîtage à un versant orienté nord-sud et perpendiculaire à la falaise. Plancher, terre battue, lave sur charpente sont encore les caractéristiques de maintes grangettes de la région.

Jusque là, l'auteur réutilise les données de fouilles de M. Pesez sans les interpréter. De même dans l'énumération du mobilier. L'illustration, quant à elle, présente trois photographies de mobilier et une reconstitution. Cette dernière est l'œuvre de l'auteur de l'article, semble-t-il. La figuration des vestiges, c'est-à-dire des murs arasés, semble relativement réaliste bien qu'il nous paraisse douteux que les murs n'aient été constitués que de deux épaisseurs de matériaux de gros module. L'échelle du dessin n'est pas indiquée, mais si l'on se réfère au texte, le bâtiment mesure 9 m sur 11 m. Or, à raison de 15 cm sur le dessin pour figurer les 11 m de facade, il faudrait admettre que l'entrée (3 cm sur le dessin) mesure 2,20 m de large et près de 3 m de hauteur ! La reconstitution de la couverture est encore plus fantaisiste : plancher et charpente semblent reposer dans le vide. Quant aux dalles calcaires du couvrement, toujours selon les mêmes proportions, elles sont proprement monstrueuses : 9 dalles pour couvrir une longeur de 11 m, soit près de1,25 m par dalle; leur épaisseur, figurée par 0,3 cm, serait dans la réalité de 25 cm ! L'auteur a beau insister dans son texte sur le caractère "cossu" de cette maison qui possédait une solide charpente, sa reconstitution est franchement disproportionnée. Mieux aurait valu ne représenter que les vestiges réellement dégagés ou produire un plan que d'offrir au public cette maladroite reconstitution. Le pire est que l'auteur se targue d'avoir œuvré "sans gros risque d'erreur".

D. Charlot, Quelques mots pour une ou deux branches d'acacia... et quelques tas de cailloux, dans L'Yonne Républicaine, Auxerre, in F°, 24 février 1978, p. 3.

Dans ce bref article, M. D. Charlot dénonce vivememt l'imprévoyance des agriculteurs qui défrichent des terres inutilisables et détruisent, ce faisant, mergers et cabanes. Il évoque le travail de la vigne qui fut à l'origine de ces édifices de pierre sèche; plus discutable est l'évocation des "temps celtiques", bien que la phrase de M. Charlot laisse entendre qu'il n'y a là qu'une "tradition". L'auteur formule enfin une proposition qui doit retenir l'attention : sauver et réparer les cabanes pour en faire des postes de chasse (ne le sont-elles point déjà ?) et surtout des abris pour les randonnées pédestres. On peut à ce sujet songer à l'effort entrepris par certains syndicats d'initiative et par le Parc Naturel Régional du Morvan pour créer des sentiers de randonnée. Cet article complète utilement celui de M. Dolveck dont les propositions étaient nettement plus négatives en ce qui concerne la sauvegarde des édifices.


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© Pierre Haasé - CERAV

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