ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

CABANE, PUITS COUVERT ET PIERRIER À SAINT-QUENTIN-LA-POTERIE (GARD)

Hut, well house and clearance stone heap at Saint-Quentin-la-Poterie

Texte et photos de Christian Lassure


Saint-Quentin-la-Poterie (Gard) : cabane, puits couvert et pierrier © Christian Lassure

Ce petit ensemble, qui se dresse sur la commune de Saint-Quentin-la-Poterie en Uzège et qui réunit cabane au centre, puits couvert à gauche et tas d’épierrement à droite, est bien connu des amateurs gardois d’architecture en pierre sèche. Il a même fait l’objet de cartes postales. Il est vrai qu’une certaine impression d’harmonie, d’équilibre se dégage de cette installation aux caractères esthétiques indéniables.

La cabane

L’élément central est une cabane en forme d’ogive ramassée, au sommet aplati et au revêtement de pierres plate soigneusement empilées.

L’entrée, qui regarde le sud-ouest, est coiffée par une grande dalle en guise de linteau. Par mesure de précaution, cette dalle est déchargée sur toute sa profondeur par une bâtière de dalles affrontées, système de décharge assez répandu dans les cabanes du Gard.

Les angles de l’embrasure extérieure sont faits de grandes dalles. Une feuillure, ménagée dans le tableau de l’entrée, reçoit une porte en bois articulée sur deux gonds et fermée par une serrure.

L’entrée donne dans une pièce de 3 m 50 de diamètre et de 4 m de hauteur sous dalle de couvrement.

Comme aménagements, on note la présence d’une niche dans la paroi du fond, et d’un regard, d’une nichette et d’une lause saillante trouée à gauche de la niche. Le regard a ceci d’exceptionnnel qu’il est fait non pas d’un encadrement de dalles mais d’une bâtière très aigue de dalles affrontées.

Saint-Quentin-la-Poterie (Gard) : puits couvert © Christian Lassure

Saint-Quentin-la-Poterie (Gard) : entrée de la cabane © Christian Lassure

Le puits couvert

Tout contre le bâtiment, sur la gauche, se dresse une chape de puits, en forme de pain de sucre et coiffée d’un épi en pierre. A hauteur d’homme, se dessine l’ouverture par où passaient les seaux, halés à l’aide d’un treuil et d’une corde. Confectionnée au moyen d’un encadrement de grandes dalles taillées, elle était fermée d’une porte en bois comme l’attestent la feuillure et les gonds encore en place. Une échancrure ménagée dans l'allège, permettait au puiseur d'eau de bien s'avancer. Intérieurement, une niche réservée dans la maçonnerie servait à poser le seau. Un pan de mur, édifié en même temps que la chape, relie celle-ci à la paroi extérieure de la cabane.

Le pierrier

Contre la paroi de droite de la bâtisse, s’appuie un gros massif de pierres en forme de parallélépipède et dont les parements tiennent davantage de l’empilement que d’une maçonnerie à sec digne de ce nom : il s’agit ni plus ni moins que d’une réserve de pierres constituée à partir de ramassages dans la parcelle alentour.

Que va-t-il advenir de cet ensemble que son propriétaire délaisse et qui est ouvert à tous les vents ?

Source : Borut Juvanec, Dossier « Cabanes, France, Sud », Université de Ljubljana, 1998.


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© CERAV

Le 26 août 2005 / August 26th, 2005

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