ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

LES COUVREMENTS UTILISANT L'ENCORBELLEMENT

The corbelled vault in dry stone roofs

Christian Lassure


1. LA PAROI DE PIERRES SÈCHES ENCORBELLÉES ET INCLINÉES VERS L'EXTÉRIEUR,
SUR PLAN RECTILIGNE ET SUR PLAN CURVILIGNE : PRINCIPES CONSTRUCTIFS

La paroi de pierres sèches encorbellées et inclinées extérieurement est un procédé dont l'efficacité et l'économie de moyens ne sont plus à démontrer pour le franchissement de l'espace.

Paroi de dalles encorbelées et inclinées vers l'extérieur sur plan rectiligne © Christian Lassure

Ce type de paroi se rencontre sur une base indifféremment rectiligne ou curviligne et, partant, s'accommode de tous les plans géométriques simples (carré ou rectangle, cercle ou ovale, etc.) et de leurs combinaisons.

Pour qu'une paroi rectiligne de pierres encorbellées et inclinées extérieurement soit stable, il faut que la verticale passant par le centre de gravité de chaque section verticale tombe dans les limites de la base d'appui. Cette condition étant remplie, on a une structure autonome et équilibrée.

Combinée à une autre paroi identique et symétriquement opposée - la distance entre les deux étant au moins égale au double de l'encorbellement maximal possible - elle constitue un excellent moyen de couvrir un espace carré ou rectangulaire.

Sur un plan curviligne, la paroi de pierres sèches encorbellées et inclinées extérieurement est sujette à un phénomène de contrebutement entre les plaquettes d'une même assise. Lorsque l'assise est circulaire, ce phénomène entraîne la fermeture d'un polygone des forces : chaque assise est alors « auto-clavée » et tient toute seule.

2. ANATOMIE DU COUVREMENT

2.1 Voûte de pierres sèches encorbellées et inclinées vers l'extérieur sous couvertures de lauses inclinées vers l'extérieur

Les couvrements coniques à rive débordante coiffant une base verticale, sont constitués de deux structures :

- à l'intérieur, une voûte de pierres plates encorbellées et inclinées vers l'extérieur, prenant appui sur la base verticale;

- à l'extérieur, une couverture de lauses reposant sur l'extrados de la voûte directement ou par l'intermédiaire d'un blocage de pierres plus petites.

Si la voûte est une structure porteuse, autonome, la couverture par contre ne l'est pas, étant portée par la voûte.

2.1.1 La voûte

Plusieurs règles président à l'édification de la voûte encorbellée proprement dite :

- la disposition des pierres en boutisses, c'est-à-dire avec leur longueur dans le sens de l'épaisseur de la structure ou, en d'autres termes, avec leur plus petit côté dans l'intrados, pour assurer un contrepoids à la partie en porte-à-faux;

- l'inclinaison des pierres vers l'extérieur selon un angle de 15°, de façon à éviter leur glissement vers l'intérieur de l'édifice, le renflement de l'intrados et la rupture éventuelle qu'entraîneraient des assises horizontales;

Deux assises successives d'une voûte de pierres sèches encorbées et inclinées vers l'extérieur ©Christian Lassure

- l'imbrication verticale des pierres faisant coïncider le centre d'une plaquette avec la jointure de deux autres au-dessus ou en dessous, pour éviter les failles que ferait apparaître la superposition de plusieurs jointures ou coups de sabre;

- une imbrication transversale dans le cas où la voûte comporte plusieurs épaisseurs de plaquettes, en nombre décroissant de la base au sommet, les plaquettes d'un lit sur deux d'une première épaisseur étant coincées entre les extrémités des plaquettes de deux lits non consécutifs d'une deuxième épaisseur;

- enfin, la disposition d'une assise de pierres plus grosses, leur face la plus épaisse en parement, à la façon de sommiers, à la naissance de l'encorbellement.

Une dalle faîtière vient coiffer la dernière assise de la voûte.

2.1.2 La couverture

La disposition des éléments de la couverture de lauses obéit à plusieurs règles :

- une inclinaison des lauses vers l'extérieur, selon un angle de 15°, de façon à garantir d'une part l'étanchéité du voûtement (en dessous de 15° l'eau remonterait par capillarité), d'autre part la stabilité de celui-ci (au-dessus de 15°, la tendance des lauses au glissement l'emporterait);

- la mise en place d'une assise horizontale de sablières à la rupture de pente (entre mur d'assise et couvrement), sous la forme de dalles plates, très larges et longues, débordant d'une vingtaine de cm sur la face extérieure du mur porteur : la toiture sera ainsi solidement assise, et le mur inférieur sera protégé du ruissellement pluvial par le larmier formé par la saillie;

- l'imbrication verticale des plaquettes pour éviter disjointures et infiltrations de l'eau;

- l'imbrication tranversale des plaquettes de la couverture avec celles de la voûte dans le cas où aucun blocage intercalaire n'intervient.

Une dalle de couronnement (à ne pas confondre avec la dalle faîtière sous-jacente) vient clore l'ultime assise de lauses. Un épi posé sur la dalle de couronnement - bloc de pierre brut ou pierre taillée en cône ou en quille - protège celle-ci des coups de vent.

2.1.3 Déshabillage d'un couvrement en forme de cône débordant

Un avatar subi par certaines cabanes à toiture conique de lauses avec larmier dans les départements du Lot et de la Dordogne est celui du « déshabillage », à savoir l'enlèvement de leur revêtement de lauses, ces dernières étant récupérées pour couvrir des maisons ou pour faire des dallages.

Cabanes de Valojoux (Dordogne) : les toitures, débarrassées de leurs lauses, laissent voir l'extrados des voûtes d'encorbellement avec leurs boutisses qui dépassent © Dominique Repérant

Du couvrement originel, ne subsiste plus alors que la voûte par encorbellement, avec son extrados de pierres mis à nu, où saillent les queues des boutisses. La forme de cet extrados est très caractéristique : en forme de cloche élancée, il commence toujours en retrait du haut de la partie de soubassement, du fait de la disparition de l'assise de grandes dalles sablières de la couverture.

Une implication de ce « déshabillage » du couvrement est que la voûte proprement dite est par elle-même en équilibre stable, ce qui montre que la couverture de lauses intervient davantage comme protection contre la pluie que comme élément de stabilité.

Il arrive que ce dépouillement des cabanes de leur revêtement de lauses ne soit pas reconnu par certains chercheurs, lesquels s'imaginent avoir affaire à un type morphologique particulier.

2.2 Voûte de pierres sèches encorbellées et inclinées vers l'extérieur sous revêtement de pierres inclinées vers l'intérieur

Dans les édifices de plan circulaire ou quadrangulaire présentant, à la place d'une toiture conique à rive saillante, une continuité entre mur porteur et partie de couvrement, on observe deux structures :

- à l'intérieur, la voûte de dalles encorbellées, inclinées vers l'extérieur;

- à l'extérieur, un revêtement de blocs inclinés vers l'intérieur (et non une couverture de lauses inclinées vers l'extérieur).

Ce revêtement extérieur - en fait la continuation du parement extérieur du mur porteur - peut épouser la courbure de l'encorbellement mais tout aussi bien s'en éloigner. Dans tous les cas, les blocs sont placés selon une inclinaison plus ou moins perpendiculaire au profil extérieur de l'édifice. Ce pendage vers l'intérieur a un avantage : les blocs viennent comprimer directement les queues des lauses de la voûte ou les pierres de blocage, supprimant les risques de glissement et de disjointure.

Il y a aussi un inconvénient : la pluie s'infiltre à l'intérieur de la maçonnerie, conséquence qui cependant n'est fâcheuse qu'en apparence : l'eau s'écoule dans le blocage mais est arrêtée par le pendage vers l'extérieur des dalles de l'encorbellement. De plus, l'humidité répandue dans la caillasse s'évapore, provoquant un effet réfrigérant pour la cellule intérieure.

2.2.1 Exemple sur plan circulaire

Lieu dit Le Crouzas, commune de Vals, département de la Haute-Loire.

Sommet décalotté d'une "chibotte" à Vals près du Puy-en-Velay (Haute-Loire) : on distingue nettement la peau externe et la peau interne © Christian Lassure

Cabane au couvrement en forme d'ogive tronquée, construite sur des pilons de basalte éboulés d'une falaise et couchés.

Le sommet découvert laisse voir la technique employée, celle des « deux peaux », à savoir :

- une « peau » interne ou voûtement de grandes dalles en forme de trapèze, le petit côté en parement, inclinées vers l'extérieur de l'édifice;

- une « peau » externe ou couvrement de gros blocs en forme de triangle, la pointe dirigée vers l'intérieur de la construction, inclinés en sens contraire des dalles de la voûte et les contrebutant.

Lorsque les blocs triangulaires de la peau extérieure sont assez longs, leur queue vient reposer sur celle des dalles de la peau intérieure, réalisant de ce fait une sorte d'imbrication verticale.

2.2.2 Exemples sur plan quadrangulaire

2.2.2.1 La « capitelle pointue » (garrigue de Nîmes, Gard)

Garrigue de Nîmes (Gard).

Cabane dite « la capitelle pointue ».

  La "capitelle pointue" de Nîmes (Gard) en 1979 (un étai soutient un fragment d'arrière-linteau) © CERAV 

Cabane à la base quadrangulaire et au couvrement pyramidal à quatre faces planes, sans transition marquée entre le cube de base et la pyramide du haut. Les arêtes extérieures sont constituées de grossières chaînes d'angle formées, pour la base cubique, de dalles posées horizontalement, pour le couvrement pyramidal, de dalles nettement inclinées vers l'intérieur de la construction.

Ces chaînes d'angle sont obtenues en croisant successivement une pierre posée en panneresse sur une face du couvrement avec une autre pierre posée en panneresse sur l'autre face consécutive du couvrement. Autrement dit, sur une même face de l'arête du couvrement se superposent en alternance une panneresse, une boutisse, une panneresse, une boutisse, etc.

Le voûtement intérieur épouse la forme du couvrement extérieur. Il est constitué d'une « peau » distincte de celle du couvrement extérieur. Aux angles, les pierres sont imbriquées d'une assise sur l'autre entre deux faces consécutives.

La "capitelle pointue" de Nîmes (Gard) : la voûte pyramidale © CERAV

On peut considérer que le couvrement pyramidal est construit selon les mêmes principes qu'une tour carrée (sauf que les quatre murs au lieu d'être verticaux sont obliques et convergents) et que le pendage des blocs d'angle vers l'intérieur est logiquement le résultat de l'obliquité des faces de la pyramide. En d'autres termes, chaque pan de la pyramide est comme un mur classique, avec deux parements, et chaque angle de la pyramide est comme l'angle de deux murs classiques, avec chaînage alternant boutisse et panneresse.

La "capitelle pointue" de Nîmes (Gard) : une des arêtes du couvrement © CERAV

2.2.2.2 La « pyramide » de Faycelles (Lot)

Faycelles, département du Lot.

Cabane de plan carré et à couvrement en pyramide tronquée, présentant aux angles de sa base verticale comme à ceux de sa toiture pyramidale, des chaînes de pierres soigneusement taillées disposées en besace. Une assise de lauses saillantes marque le hiatus entre cube inférieur et pyramide supérieure.

L'édifice a servi de pigeonnier dans sa partie supérieure (ouverture avec deux pierres débordantes constituant un accès à pigeons).

Les boutisses et parpaignes des chaînes d'angle sont posées non pas avec une inclinaison vers l'intérieur, mais à l'horizontale; elles ont leur parement dressé pour suivre l'oblique de l'arête. On sort ici du cadre de la maçonnerie en pierres sèches pour entrer dans celui de la maçonnerie en pierres taillées, à joints vifs. La nature de la pierre utilisée - un calcaire tendre - a permis l'adoption d'un tel dispositif par un maçon-tailleur de pierre connaissant la stéréotomie.

Cabane au couvrement pyramidal à Faycelles (Lot) : arête alternant boutisses et carreaux parementés © Christian Lassure

3. TYPOLOGIE DES COUVREMENTS UTILISANT L'ENCORBELLEMENT

3.1 Deux encorbellements symétriquement opposés, formés de grandes dalles inclinées vers l'extérieur, et incorporés dans un pierrier

Commune de Crayssac, département du Lot.

Vaste cabane rectangulaire ruinée, à usage d'étable à ovins, construite selon le principe des deux encorbellements symétriquement opposés en grandes dalles inclinées vers l'extérieur. Dimensions intérieures : longueur : 6,40 m; largeur : 2,75 m; hauteur conservée : 2,30 m environ. La paroi du fond est également encorbellée, le quatrième côté est ouvert.

Grande bergerie ruinée à Crayssac (Lot) : vue du triangle du fond et des côtés longs © Christian Lassure

L'édifice étant inclus dans un tas d'épierrement, on peut observer, depuis le faîte de celui-ci, la disposition caractéristique des dalles de la dernière assise conservée : ces dalles sont placées en boutisses, la queue dans l'épaisseur de l'épierrement, et inclinées vers l'extérieur. Leur côté en parement est taillé et, d'une assise sur l'autre, les joints sont croisés.

Grande bergerie ruinée à Crayssac (Lot) : vue prise depuis le sommet du "cayrou" d'inclusion © Christian Lassure

3.2 Deux encorbellements symétriquement opposés, s'appuyant sur des fermes de charpente et se rejoignant en abside à une extrémité

Commune de Sorges, département de la Dordogne, lieu dit Lac Perrier.

Remise au lieu dit Lac Perrier à Sorges (Dordogne) : vue générale © Christian Lassure Remise au lieu dit Lac Perrier à Sorges (Dordogne) : l'abside depuis l'extérieur © Christian Lassure

Extérieurement, la forme du bâtiment est celle d'une nef ouverte à l'avant et terminée par une abside à l'arrière. Une retraite ou corniche marque, sur tout le pourtour, le passage de la partie inférieure à la partie de couvrement.

Intérieurement, les parois verticales reçoivent, vers 1,60 m de haut, un couvrement formé de deux encorbellements symétriquement opposés se rejoignant vers 2,60 m de haut et dont les extrados épousent les intrados. Ces deux encorbellements s'incurvent l'un vers l'autre et se rejoignent au fond de la cellule, à la façon d'une abside.

Remise au lieu dit Lac Perrier à Sorges (Dordogne) : la ferme à l'avant © Christian Lassure Remise au lieu dit Lac Perrier à Sorges (Dordogne) : la ferme à l'arrière © Christian Lassure

Ces deux encorbellements s'appuient sur deux petites fermes de charpente qui ont dû servir de guide, de gabarit lors de l'édification :

- à l'avant : arbalétriers sur entrait, avec poinçon portant faîtière;

- à l'arrière : arbalétriers non triangulés, posés sur des dés et prenant la faîtière en tenaille, avec faux entrait.

La non triangulation de la ferme arrière permet de dégager l'espace intérieur jusqu'à 2,20 m de haut.

Remise au lieu dit Lac Perrier à Sorges (Dordogne) : l'abside vue de l'intérieur © Christian Lassure

3.3 Deux encorbellements symétriquement opposés, en grandes dalles horizontales

Commune de Gordes, département du Vaucluse, à l'ouest du quartier des Savournins.

Remise à Gordes (Vaucluse) en forme de demi-nef © Christian Lassure Remise à Gordes (Vaucluse) en forme de demi-nef : l'arrière © Christian Lassure

Extérieurement, la cabane est en forme de demi nef, coupée selon un axe transversal et fermée par un pan convexe à l'arrière.

La façade révèle la structure du bâtiment : deux parois encorbellées symétriquement opposées. On remarque que les dalles sont à l'horizontale et non pas inclinées vers l'extérieur comme on s'y attendrait et que le haut des parois, du moins en façade, va en s'élargissant, le constructeur ayant chargé les queues des dalles de chaque encorbellement.

Remise à Gordes (Vaucluse) en forme de demi-nef : la façade © Christian Lassure

3.4 La « nef gordoise » ou quatre encorbellements - deux longs et deux courts - symétriquement opposés deux à deux

Quartier dit « Les Cabanes », commune de Gordes, département du Vaucluse.

Quartier des Savournins à Gordes (Vaucluse) © Christian Lassure Quartier des Savournins à Gordes (Vaucluse) © Christian Lassure

Cabane du type baptisé « nef gordoise » par les spécialistes. À usage d'habitation temporaire et de magnanerie, elle forme avec une étable-bergerie et une resserre réparties autour d'une courette, l'un des agglomérats de cabanes du site.

Quartier des Savournins à Gordes (Vaucluse) © Christian Lassure

Du point de vue de la structure, cette nef, au plan rectangulaire, est constituée par quatre murs encorbellés, deux longs (les goutterots) et deux courts (les pignons), opposés symétriquement deux à deux. Chaque pan de mur est formé d'un revêtement extérieur et d'un revêtement intérieur de grandes dalles, d'abord placées horizontalement dans l'aplomb, puis inclinées ves l'extérieur dans l'encorbellement, ainsi que le montrent les arêtes de l'édifice. Ces quatre murs opposés deux à deux se contrebutent mutuellement aux angles, renforçant ainsi la stabilité de l'ensemble. Entre les sommets des parois opposées est laissé un vide que vient couvrir un plafond de dalles jointives, chargé de plusieurs épaisseurs de pierres plates.

Du point de vue de la forme, cette nef se décompose en deux grandes trapèzes isocèles opposés, aux arêtes convexes et à la face courbe, réunis à angle droit à leurs extrémités par deux petits triangles isocèles, aux arêtes convexes et à la face courbe eux aussi.

Le bâtiment, à l'entrée en pignon, est divisé en deux pièces par un refend transversal. La pièce antérieure comporte comme aménagements une cheminée, un évier, des étagères. La pièce postérieure a pu servir de réserve ou de rangement. Un 2e niveau, de dalles sur rondins, a servi de magnanerie. Une couchette est ménagée au-dessus de la porte.

3.5 Couvrement en forme de cône débordant avec larmier

3.5.1 Sur plan circulaire

Commune de Sorges (Dordogne).

Cabane au couvrement en forme de cône à Sorges (Dordogne) © CERAV Cabane au couvrement conique à Sorges (Dordogne) : la voûte © CERAV

Cabane à base cylindrique et à toiture conique de lauses assisées avec larmier. Diamètre extérieur dans l'axe de l'entrée : 2,85 m, diamètre intérieur : 1,80 m. La partie conique culmine à 3,05 m de haut et se termine par un épi sculpté.

Les montants de l'entrée sont en pierres taillées et appareillées, manifestement de remploi, qui contrastent avec le linteau, une grande dalle. Une porte en bois s'insère dans une feuillure.

Les parois partent en encorbellement à 1 m du sol et convergent jusqu'à la dalle terminale à 2,70 m.

Les pierres du parement intérieur sont jointoyées au mortier d'argile maigre.

L'édifice avait la double fonction de cabane de vigne et de poulailler; un conduit ménagé dans la paroi servait de trou d'envol aux volatiles.

L'épi da faîtage porte l'inscription VII /19 / 06 sur trois lignes, sans doute juillet 1906.

3.5.2 Sur plan quadrangulaire

Commune de Gréalou, département du Lot.

"Casèle" de plan carré à couvrement campaniforme à Gréalou (Lot) © Christian Lassure

Grande « casèle » à base parallélépipédique surmontée d'une toiture de lauses campaniforme coiffée d'un épi et bordée, à la base, d'une sablière de grandes dalles formant larmier. Hauteur totale : env. 5,80 m, épi compris. Longueur de la façade : 5,62 m à l'extérieur, 4,42 m à l'intérieur; longueur côté gauche : 5,62 m à l'extérieur, 4,32 m à l'intérieur.

Large entrée aux piédroits en pierres taillées (deux blocs verticaux alternant avec deux blocs horizontaux) et au linteau formé de plusieurs poutres de chêne. Porte en bois à deux battants inégaux.

Intérieurement, chacun des angles est barré, vers 1,50 m de haut, d'un bloc au parement incurvé servant de trompe pour le passage du plan carré au plan circulaire et amorçant l'encorbellement. La voûte culmine à 5,27 m. Deux planchers de poutres sont encore en place.

Aménagements : deux regards et un orifice au carré ménagés dans les parois de la base.

L'édifice servait d'étable à ovins.

3.6 Couvrement en forme d'ogive (tronquée ou non)

Commune d'Uzès, département du Gard.

Cabane au couvrement en ogive tronquée à Uzès (Gard) © Christian Lassure

Cabane en forme d'ogive tronquée au sommet. Le plan de base est subcirculaire. Diamètre extérieur : 4,80 m, diam. intérieur : 2,80 m. L'édifice culmine extérieurement à 4,80 m de haut (épi non compris).

L'entrée a ses montant coiffés d'une dalle peu épaisse, déchargée par une bâtière de deux lauses affrontées.

L'encorbellement intérieur s'amorce vers 75 cm de haut, donnant un profil d'intrados en forme de courbe et contrecourbe. Une dalle de couvrement ferme la voûte à 3,60 m de haut, sous une importante épaisseur de maçonnerie.

L'intérieur comporte comme aménagements deux regards ou ventilations à gauche en entrant, ainsi qu'une niche.

Un millésime du XIXe siècle, dont seuls les deux premiers chiffres sont identifiables (18...), et une inscription sont visibles en sous-face de la dalle de couvrement.

3.7 Couvrement en forme de pyramide

3.7.1 A quatre faces rectilignes

Commune de Bonnieux, département du Vaucluse.

Cabane au couvrement pyramidal rectiligne à Bonnieux (Vaucluse) © Christian Lassure Cabane au couvrement pyramidal rectiligne à Bonnieux (Vaucluse) : la voûte avec ses quatre angles arrondis © Christian Lassure

Cabane à base quadrangulaire et à couvrement pyramidal à quatre faces planes, un larmier de dalles marquant la séparation entre les deux. L'entrée, fermée par une porte en bois, est ménagée dans l'angle de la cellule intérieure. Dimensions extérieures : longueur de la façade : 4,90 m - longueur des côtés : 5,60 m - élévation de la base : de 1,70 m à 1,90 m - hauteur hors tout : 5,40 m.

Cabane au couvrement pyramidal rectiligne à Bonnieux (Gard) : vue d'un angle © Christian Lassure

Les parois intérieures partent en encorbellement dès le sol, donnant une voûte à quatre pans dont les angles s'arrondissent progressivement. Dimensions intérieures : 3,00 m x 3,80 m - hauteur sous voûte : 4,00 m.

Comme aménagements, on note :

- une niche dans la paroi latérale droite,

- une crèche formée de deux dalles taillées reposant sur trois piliers,

- une cheminée dans l'angle à gauche en entrant, avec hotte en plâtre et conduit de section carrée ménagé dans la maçonnerie.

3.7.2 A quatre faces curvilignes

Commune d'Uzès, département du Gard.

Cabane au couvrement pyramidal curviligne à Uzès (Gard) : vue générale © Christian Lassure Cabane au couvrement pyramidal curviligne à Uzès (Gard) : façade © Christian Lassure

Cabane à base quadrangulaire et à couvrement pyramidal à quatre faces convexes, tronqué au sommet. Pas de solution de continuité entre base verticale et couvrement.

Le plan de base est subcarré : longueur côté façade : 4,97 m à l'extérieur, 3,22 m à l'intérieur; longueur côté gauche : 4,92 m à l'extérieur, 3,15 m à l'intérieur. L'édifice culmine à 5,44 m de haut (hors épi).

Les arêtes externes sont en dalles grossièrement appareillées en besace et légèrementr inclinées vers l'intérieur.

L'entrée, qui est axiale, a ses montants coiffés d'un linteau protégé par un larmier et déchargé par une bâtière de deux dalles affrontées; elle est fermée par une porte en bois.

Cabane au couvrement pyramidal curviligne à Uzès (Gard) : la voûte avec ses quatre angles © Christian Lassure

La cellule épouse la morphologie de l'extérieur (quatre faces curvilignes). Une dalle portant le millésime 1811 somme la voûte à 4,67 m de haut. Les parements du voûtement sont en assises de plaquettes qui s'imbriquent aux angles.

Les aménagements consistent en deux niches, une cheminée (ultérieurement murée et remplacée par une banquette-foyer dans l'angle à droite en entrant).


Pour imprimer, passer en mode paysage
To print, use landscape mode

 

© CERAV
Mis en ligne le 26 février 2002 / Posted on February 26th, 2002

Références à citer / To be referenced as :

Christian Lassure
Les couvrements utilisant l'encorbellement (The corbelled vault in dry stone roofs)
http://www.pierreseche.com/couvrements_utilisant_l_encorbellement.htm
26 février 2002

page d'accueil           sommaire maconnerie