COMPTE RENDU

Edoardo Micati, Domenico Spagnuolo, Siti Pastorali - Censimento, schedatura e studio dei siti pastorali degli Altipiani Maggiori d'Abruzzo e della Foresta Demaniale Regionale Chiarano-Sparvera, OASI VIVAI PIANTE, 2022, 185 p. dont 100 plans, 162 photos en couleur, 4 photos en noir et blanc, 27 dessins et cartes, 2022 (compte rendu : Sergio Gnesda).

version en italien

Les recherches d'Edoardo Micati et de Domenico Spagnuolo sur les sites pastoraux des Altipiani Maggiori et de la forêt domaniale de Chiarano-Sparvera (territoire de six communes des Abruzzes) mettent en lumière certains aspects du pastoralisme dans cette zône. Plus de cent sites pastoraux ont été étudiés depuis 1997, souvent avec l'aide des photos aériennes de 1943, 1955 et 1974.

Montjoie (ometto) en bordure d'une aire (posta) de pâturage (1)

L'ouvrage se compose d'un avant-propos, de quatre chapitres, d'une bibliographie, de références cartographiques et de photographies aériennes.

1 - Préambule

Les sites ont été localisés par GPS, les plans ont été relevés et la typologie des vestiges archéologiques trouvés en en surface a été étudiée.

Des recherches dans les archives ont permis de situer le contexte historique des différentes découvertes et de comprendre la toponymie. L'ouvrage rapporte des épisodes de brigandage qui se sont produits dans les poste (aires de pâturage) ou dans les stazzi (gîte) (2) et qui sont consignés dans des documents d'époque ou qui appartiennent à la tradition populaire.

La tradition de la transhumance sur un réseau de tratturi (drailles) au début de l'automne depuis les stazzi des Apennins abruzziens jusqu'aux Tavoliere delle Puglie et l'Agro-Romano, est inscrite au patrimoine de l'Unesco depuis 2019.

La forêt domaniale de Chiarano-Sparvera couvre une zone façonnée par les glaciers du Quaternaire, laquelle s'élève de 1400 mètres au fond de la vallée à 2 250 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Zone d'investigation

2 - Partie introductive

Elle concerne la géomorphologie, l'hydrographie, la végétation herbacée et les vestiges archéologiques, qui se sont révélés beaucoup plus nombreux que prévu. Des sites contenant des objets du Paléolithique inférieur et moyen, du Mésolithique et du Néolithique ont été découverts. Les témoignages de la période italique (1000 av. J.-C. - 32 av. J.-C.) font état d'enclos ayant une fonction défensive pour les personnes et les troupeaux.

De l'époque romaine, de nombreux fragments de céramique et deux pièces de monnaie de la période républicaine (170 - 210 après J.-C.) ont été trouvés au stazzo Posta Montruccie.

3 - Les milieux

Dans ce chapitre, l'évolution du territoire est illustrée de cartes historiques, plans cadastraux, documents notariès, descriptions et récits de voyageurs.

La voie de communication de l'Aremogna, qui traverse des sites fréquentés aux époques préhistorique, italique et romaine, a une importance historique considérable. Ce sont d'anciens enclos pastoraux et des vestiges de cabanes en pierre, des fragments de céramiques typiques et des tombes italiques.

4 - Types de bâtiments

Ce chapitre passe en revue les types de bâtiments. Dans les régions où la pierre affleurante est rare, les enclos sont faits de perches, de filets ou de branches tressées ; les abris, souvent profondément enfoncés dans le sol, sont recouverts de poutres de bois, de branches et de gazon.

Là où le sol est du calcaire, les enclos sont en pierre sèche, les cabanes aussi mais couvertes d'un toit en bois à un ou deux versants.

La cabane à coupole en encorbellement est arrivée dans la zone étudiée au milieu du XIXe siècle. Elle est peu répandue et concerne surtout l'agriculture.

Les habitations temporaires sont regroupées en trois types, chacun se rapportant à une période spécifique. Le type le plus ancien est la cabane carrée ou rectangulaire en pierre sèche avec un toit en bois. Viennent ensuite les cabanes en pierre et mortier, qui reprennent souvent la structure précédente en pierre sèche. Enfin, les cabanes en ciment sont construites à partir des années 1950.

Les cabanes faites de poteaux et de branches sont fortement encastrées dans le sol ; certaines avaient un seuil de pierres.

Abri en branchages

L'abri sous roche, avec mur de pierre sèche fermant l'entrée de la cavité, est rare.

Les cabanes en pierre ont une base carrée ou quadrangulaire couverte d'un toit en bois à un ou deux versants. L'unique pièce n'avait pas de fenêtre, l'entrée, toujours face la vallée, était placée sur le côté pour permettre une meilleure utilisation de l'espace intérieur. Les murs avaient une épaisseur de 50 à 150 centimètres. Pour assurer une meilleure étanchéité, le toit était recouvert de gazon et de couches de fumier.

Les maisonnettes (casette) ont toutes été construites au cours du siècle dernier. Beaucoup ont servi de quartiers d'habitation aux carabiniers chargés de la répression du banditisme. Peu à peu, elles se sont agrandies et ont comporté deux ou trois pièces.

Maisonnette (casetta) des années 1940

Les clôtures, mobiles ou fixes, étaient placées sur des terrains en pente pour faciliter l'écoulement de l'eau et du fumier . Les clôtures mobiles étaient constituées de grands poteaux enfoncés dans le sol et fermées par des filets ou des branches tressées. Les clôtures fixes étaient de plan quadrangulaire, constituées d'abord de murs en pierres sèches, puis de murs en béton. Elles pouvaient être en forme de peigne (les ouvertures étaient fermées par des poteaux et des filets) ou en forme de quadrilatère. La hauteur des murs en pierre sèche variait de 80 à 150 cm, le côté le plus long de 17 à 28 m, tandis que le nombre de carrés variait de 2 à 5.

Les enclos de traite étaient circulaires avec des murs en pierres sèches ; ils avaient des murs bien construits de 80 cm de haut et de 60 à 80 cm de large et comportaient deux ouvertures opposées de 40 cm de large où avait lieu la traite.

Stazzo Crode Rosse avec enclos circulaire pour la traite

Les chiens vivaient généralement à l'intérieur des stazzi avec les moutons ; cependant, il y avait quelques chenils construits en pierre sèche près des cabanes des bergers.

Chenil en pierre sèche

Les foyers se trouvaient à l'extérieur des cabanes ou des casette (maisonnettes), ou encore à l'intérieur dans le cas de casette assez grandes.

L'eau était un élément important, comme en témoignent les nombreuses sources et puits sur la carte ci-dessous. Dans le carré rouge hachuré [7 km x 7 km], on trouve 71 sources et 16 puits.

Les ressources en eau

Pour certains abreuvoirs, l'eau était puisée à une source éloignée et conduite dans l'abreuvoir.

Les pozzacchi, petites sources permanentes à faible débit qui sourdent à peine du sol, sont caractéristiques de ces zones ; l'eau est puisée à l'aide de seaux et versée dans les abreuvoirs.

La ssource (pozzacchio) de la posta de Ospeduco

5 - Recensement

L'étude a porté sur les ouvrages de six communes : Barrea, Scanno, Rocca Pia, Pescocostanzo, Rivisondoli et Roccaraso.

Le stazzo 2 (altitude 2050 m) de la posta d'Ospeduca se compose d'une cabane et de trois enclos. L'enclos principal est de forme elliptique avec un grand axe d'environ 30 mètres. Le deuxième est circulaire et mesure 15 mètres de diamètre, tandis que le troisième est de forme irrégulière car son périmètre passe sur des blocs rocheux.

Stazzo de la posta de Ospeduco

Le stazzo Valle Pistacchio (2053 m) appartient à la posta Valle Pistacchio. Il est formé d'un enclos rectangulaire divisé en trois secteurs, dont le secteur central possède une entrée dans la vallée et une autre en amont, près de laquelle se trouvent les restes d'une très petite cabane, vraisemblablement un chenil. La cabane, adossée au secteur central, possède de grands murs, à l'intérieur desquels ont été aménagés deux petits rangements.

 

Stazzo de la posta Valle Pistacchio

Stazzo de la posta Sparvera (1699 m).

De l'ancienne cabane en pierre sèche, il reste deux pièces avec de larges murs. La cabane avait un toit à deux versants recouverts de planches et de tuiles. Devant la maisonnette se trouve une grande clôture en pierres sèches (80 x 25 m) divisée en cinq secteurs.

 

Stazzo de la posta Sparvera

Les trois fontaines de la posta de Macerete, près de la Madonna del Casale, sont un lieu de repos important pour les troupeaux transhumants.

Posta de Macerete - Les trois fontaines

6 - Documents, 7 - Bibliographie, 8 - Références cartographiques

Les documents concernent la description des pâturages de Pescocostanzo tels qu'ils apparaissent dans les chapitres de l'abbé Penna en 1699 ; les chapitres sur la vente des pâturages domaniaux de Roccaraso en 1742.

La carta di passaggio (carte de passage) était un document délivré par le lieutenant du district aux bergers qui se rendaient des Abruzzes à Capitanata (3) et vice versa. Elle précisait les données personnelles et physiques, la durée de validité et le coût.

Carte de passage (carta di passaggio)

Clôture du livre : bibliographie et références cartographiques.

NOTES

(1) La posta est une superficie de terre délimitée. Elle est adaptée au pâturage. La superficie d'une posta est mesurée en mètres carrés ou en aniti. L'anito représente la quantité de pâturage nécessaire pour une morra (troupeau) de moutons. Il est évident que la mesure varie en fonction de la richesse plus ou moins grande du pâturage. Dès le début du XIXe siècle, certains propriétaires fonciers proposaient de calculer le loyer d'une morra sur l'aniti et non sur la surface géométrique. Une morra de brebis est composée de 350 têtes, placées sous la garde d'un berger et d'un garçon qui fabrique le fromage et d'un laitier appelé buttaracchio. La troupe d'une morra comprend également deux chiens, une mule pour transporter les ustensiles nécessaires à la fabrication du fromage et les vêtements des bergers. Plusieurs morre forment un troupeau, dirigé par un berger ou un berger en chef (massaro), un sous-chef (sotto-massaro) et un chef laitier (capo bùttaro), en plus des chefs déjà mentionnés. (D'après le récit du comte suisse Ulysse de Salis Marschlins, 1789.)

(2) Dans les montagnes des Abruzzes, le stazzo (ou jacce en dialecte) est le gîte où sont gardés les moutons et tout ce qui est nécessaire à leur élevage. Il contient la cabane des bergers, souvent construite en pierres sèches. Près de la cabane se trouve l'enclos pour la garde des brebis, souvent la salle de traite et le lieu de production et de transformation des produits laitiers. Généralement, le stazzo dispose également d'un jardin potager pour la subsistance des bergers (pommes de terre et certains types de légumes). Jusqu'à un passé récent, les stazzi n'étaient utilisés qu'en été, lorsque les troupeaux s'arrêtaient dans les montagnes au retour de la transhumance.

(3) La Capitanata est un district historico-géographique du sud de l'Italie, correspondant à la partie nord de l'actuelle région des Pouilles (autour de Foggia). Dès la fin du Moyen Âge, elle constitue une unité administrative, d'abord du royaume de Sicile, puis du royaume de Naples, ensuite du royaume des Deux-Siciles, pour finalement se fondre dans la Province de Foggia du royaume d'Italie.

 

Pour se procurer le livre, contacter Edoardo Micati (edoardomicati@gmail.com)


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© CERAV
26 mai 2023 / May 26th, 2023

Références à citer / To be referenced as :

Sergio Gnesda

compte rendu de : Edeordo Micati, Domenico Spagnuolo, Siti Pastorali - Censimento, schedatura e studio dei siti pastorali degli Altipiani Maggiori d'Abruzzo e della Foresta Demaniale Regionale Chiarano-Sparvera, OASI VIVAI PIANTE, 2022, 185 p.
http://www.pierreseche.com/resume_micati.htm
26 mai 2023

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