ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

DÉJÀ EN 1854 : "MURS DE TERRASSE OU DE REVÊTEMENT"

Already in 1854: "Terrace or revetment walls"

Extrait de Duvinage H.,Manuel des constructions rurales,  Dusacq, Paris, ca 1854, pp. 113-115


"Les murs qui doivent soutenir un terre-plein et auxquels on donne conséquemment les noms de mur de soutènement, de terrasse ou de revêtement, ont à surmonter la pression d'un prisme triangulaire deterre, qui tend naturellement à s'ébouler, en vertu de sa pesanteur. - Le plan incliné sur lequel ce prisme repose a d'autant plus d'inclinaison que les matières qui composent le terre-plein ont moins de cohésion et plus de fluidité. - Ainsi, ce plan est moins incliné pour les terres végétales simples que pour celles qui sont mélées de gravier, et moins encore pour celles-ci que pour le sable.

Deux causes tendent à diminuer la poussée des terres : 1° leur cohésion; 2° le frottement que le prisme éprouve sur le plan incliné qui le soutient. Ainsi toutes les causes qui diminuent la cohésion et le frottement augmentent la poussée : voilà pourquoi les terres imbibées d'humidité produisent une poussée plus forte que celle qu'elles exerceraient à sec. - Dans tous les cas, il est essentiel de massiver régulièrement les terres lit par lit pour leur donner plus de cohésion et de compacité.

Pour augmenter la stabilité des murs de revêtement et pour diminuer leur masse sans les affaiblir, on leur donne ordinairement un talus, c'est-à-dire on incline plus ou moins la paroi extérieure, de manière que le mur diminue progressivement d'épaisseur en s'élevant. - Ordinairement, la largeur du talus est d'un sixième de la hauteur à un dixième. Pour donner encore plus de stabilité aux murs, on a imaginé outre le talus, des contre-forts.

Si l'on examine le profil (fig. 33) d'un mur qui doit résister à des pressions horizontales ou obliques qui tendent à le renverser, on reconnaîtra qu'il résiste d'autant mieux que le point I de la base DE, par où passe la ligne verticale qui part du centre de gravité G, sera plus éloigné du point D autour duquel on suppose que le mur tournerait, si la pression qui tend à le  renverser était prépondérante.

Il résulte de ce principe :

1° qu'un mur dont la face extérieure est un talus aura, à masse égale, plus de stabilité quecelui dont les faces sont d'aplomb.

2° Un mur avec contre-forts résisterait mieux si ces contre-forts étaient placés à l'extérieur, que lorsqu'ils sont placés à l'intérieur du côté des terres; car, dans le premier cas, c'est le mur qui forme toujours la plus grande masse, dont la ligne du centre de gravité répond à un plus grand éloignement du point de rotation.

Quelle que soit la forme que l'on donne à un mur de revêtement, il est indispensable de pratiquer à des distances convenables des ouvertures étroites, appelées barbacannes, évents, pour donner issue aux eaux qui pénètrent les terres et qui produiraient des effets très nuisibles si elles ne pouvaient sortir librement.

Dans la pratique, il est prudent d'augmenter un peu les épaisseurs indiquées dans le tableau qui précède".


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Le 20 juin 2005 / June 20th, 2005

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