ARCHITECTURE VERNACULAIRE

CERAV

AIGUIER AU LIEUDIT TRAVIGNON À SAINT-SATURNIN-LÈS-APT (VAUCLUSE)

Covered water storage tank at Saint-Saturnin-lès-Apt, Vaucluse

Texte de Christian Lassure, photos deJean-Marc Rosier


© Jean-Marc Rosier

Cet aiguier se trouve sur la commune de Saint-Saturnin-lès-Apt, près du hameau de Travignon. Il a pour compagnie un autre aiguier de même configuration.

Extérieurement, il se présente sous la forme d'un parallélépipède aplati, large de 5 m environ à l'avant et à l'arrière et long de 6 m environ sur les côtés. Construit sur une grande dalle calcaire en pente et perpendiculairement au sens de celle-ci, il a plus de hauteur (1 m 65) en aval qu'en amont (1 m 20). Un fruit de 15 cm par mètre marque le parement côté aval. L'entrée, large de 0 m 73 et haute de 1 m 08, s'ouvre à l'angle du pignon et du mur long côté aval. Le maçon s'est contenté de dresser un gros bloc longiforme en guise de piédroit à droite comme à gauche et de couvrir l'intervalle d'un autre gros bloc. Un trou de crapaudine en sous-face du linteau et son pendant en bas dans le seuil de l'entrée, témoignent de l'ancienne présence d'une porte pivotante en bois.

Les angles du pignon-façade et des longs côtés sont renforcés par de puissantses chaînes d'angle, en très gros blocs longiformes disposés alternativement en boutisses et panneresses.

Intérieurement, au niveau de la dalle, la bâtisse fait 4 m 60 de longueur sur 2 m 70 de largeur. L'épaisseur des murs latéraux dépasse 1 m tandis que celle du pignon avant est de 0 m 45 et celle du pignon arrière de 0 m 77.

Une voûte en berceau, construite en pierres sèches et extradossée de niveau (hauteur de flèche : 1 m 36), recouvre une citerne creusée dans la roche et profonde de 1 m 50 en son milieu. Actuellement vide, elle était alimentée depuis l'arrière du bâtiment par un impluvium (*) creusé d'une rigole traversant le pignon arrière. Une deuxième rigole, provenant d'une citerne à l'air libre à gauche de l'édifice, traverse la dalle rocheuse pour atterrir dans l'entrée de l'aiguier.

Le pignon-façade, qui ne dépasse pas 1 m 40 de hauteur, laisse voir, en arrière, le sommet de l'extrados de la voûte en berceau. Il se pourrait fort bien qu'il y ait eu à l'origine une couverture surbaissée à deux versants de grandes dalles, malheureusement retirées après l'abandon de l'aiguier. Il est difficile de croire que les anciens se seraient contenté d'éparpiller un peu de caillasse sur l'extrados d'un édifice aussi précieux.

(*) Impluvium : système de récupération des eaux de ruissellement tel que plan de roche dénudé et creusé de rigoles de collecte, ou toiture collectrice concave avec lauses inclinées convergeant en direction du trou de collecte.

Source : Association pour la participation et l'action régionale (A.P.A.RE), Aiguiers et cabanes en pierre sèche des Monts de Vaucluse. Inventaire et mise en place d'un programme de sauvegarde et de découverte, rapport méthodologique : commune de Saint-Saturnin-d'Apt [Saint-Saturnin-lès-Apt, Vaucluse], responsable : Sébastien Georgis, Avignon, octobre 1986, 79 feuillets (C. R. de C. Lassure dans L'A.V., t. 12, 1988, pp. 85-88).


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© CERAV

Le 8  février 2007 / February 8th, 2007

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