NOUVELLES DU MONDE
DE L'ARCHITECTURE DE PIERRE SÈCHE
Année 2024

NEWS FROM
THE DRY STONE ARCHITECTURE SCENE
Year 2024

 

1 - Remontage de la partie éboulée de la façade de la très grande cabane viticole dite « la cabane du chef » ou « la mairie », à Vals-près-Le Puy (Haute-Loire).

 

Gérald Pinault, membre-correspondant du CERAV en Haute-Loire, a suivi la deuxième étape du chantier de restauration de « la cabane du chef » (*) . Il nous livre ici quelques photos des réparations faites en prévision de l'inclusion de l'édifice dans le circuit touristique des « tsabones » de vigne, baptisées « chibottes » par l'érudit local Albert Boudon-Lashermes.

 

Le financement des travaux se monte à 45,400 euros, dont 40% provenant de la Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay (18,160 euros), 30% du Département (13, 620 euros) et 30% de la Région (13,620 euros).

 

La restauration a été confiée aux muraillers de l'association « Pierre Sèche » de Haute-Loire.

 

Le cone en arrière de la façade sera terminé dans le courant de 2024.

 

(*) Voir http://www.pierreseche.com/nouvelles_du_monde_2022.htm

 

PHOTOS

 

Vue en plongée du manie-tout télescopique qui a permis de hisser les gros blocs de basalte sur la cabane. Cliché Gérald Pinault.

 

 

L'angle gauche remonté jusqu'au niveau du premier larmier. Les grosses pierres d'angle ont été hissées par l'engin télescopique. Cliché Gérald Pinault.
 

 

Les pierres du jambage de gauche de l'entrée (par rapport à l'observateur extérieur) étant trés endommagées, Marc Lhoste, carrier de Blavozy, a scié un jambage à l'identique dans le tuf volcanique de Polignac. Un cric de 9 tonnes a été utilisé pour mettre les blocs en place. Cliché Gérald Pinault.

 

 

Remontage de l'angle gauche de la cabane jusqu'au niveau du reste du larmier inférieur encore en place. Cliché Gérald Pinault.

 

 

Gérald Pinault (en bleu) et les muraillers (Manuel  Duveau, François-Christophe Januel, Medhi Dolmy et Nicolas Lebleu). Cliché Gérald Pinault.

 

 

La façade après achèvement du chantier.  Il reste à remonter l'arrondi du cône à l'arrière de la façade, à effacer les inscriptions récentes au rez-de-chaussée et à obturer l'entrée par une porte pour éviter les graffitis. Cliché Gérald Pinault.

 

 

Agrandissement de détail d'une photo des années 1950 provenant des archives de l'Unité départementale de l'architecture et du patrimoine (UDAP) de la DRAC 43.

Le sommet arrondi du cône de la cabane est bien visible à l'arrière du frontispice. L'éboulement ultérieur a peut-être eu pour cause la faiblesse de l'angle gauche de la façade au niveau de l'étage : au lieu d'un puissant chaînage d'angle alternant boutisses et panneresses comme à l'angle de droite, on a un appareillage quelconque de petites dalles et pierres.

Il est important de ne pas oublier que cette haute cabane est bâtie sur un versant assez pentu et qu'elle doit, de ce fait, résister à « l'appel au vide» découlant de cette situation. On peut se demander si son frontispice, au fruit très marqé, n'a pas pour rôle de contrecarrer, par sa masse, son poids et sa position en tas-de-charge, cet appel au vide.

J'ai fait le relevé de l'édifice, déjà ruiné, en 1979, je n'en menais pas large, surtout en prenant les mesures du feneston de l'étage. Le nouveau chaînage d'angle est des plus rassurants.

Il semblerait que les joints de la maçonnerie entre l'entrée et la fenêtre de l'étage aient été obturés par une sorte de plâtre dont le blanc fait tâche sur la façade. Se pourrait-il que ce colmatage ait été fait en raison de l'eau de pluie gouttant depuis les deux larmers et tombant non pas au sol mais sur le parement au dessus de l'entrée, fruit de la façade oblige ?

Ce même mélange blanchâtre aurait-il servi à badigeonner la devise en latin (Deus meus fecit omnia, « Mon Dieu a fait toutes choses ») sur le parement d'un bloc à l'intérieur de l'édifice ?

 

Christian Lassure

 

2 - Parution : Michel Laflandre, Tourelles de pierres sèches et cairns apparentés – Données comparatives et éléments d’interprétation, L'auteur, 2024, 420 p.

 

Passionné d’histoire et d’ethnographie, Monsieur Michel Laflandre nous fait part de la publication par ses soins d'une étude comparatiste sur les tourelles de pierres sèches (ou tours de berger) dans le monde. Cet ouvrage, dont on trouvera un petit résumé ci-dessous, récapitule les recherches qu'il a menées sur ce sujet depuis 2010. Fort de 420 pages et rédigé selon les normes universitaires avec de copieuses notes de bas de page, le livre est proposé à la vente en version E-book sur Amazon au prix de 10 euros.

Les tourelles de pierres sèches constituent une catégorie spécifique de cairns : des constructions pleines où l’on ne peut ni pénétrer, ni ranger quoi que ce soit, à la différence des classiques « abris de berger ».


On en trouve dans différents pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, surtout dans des régions montagneuses de moyenne altitude traditionnellement affectées à l’élevage des moutons. C’est pourquoi ces tourelles sont souvent attribuées à des bergers, mais elles n’ont jamais fait l’objet d’une étude scientifique d’ensemble et restent jusqu’à présent assez mal comprises.


Au terme de recherches sur le terrain et d’une longue enquête documentaire comparatiste, cet ouvrage esquisse quelques réponses à trois questions fondamentales : qui a édifié les tourelles de pierres sèches ? quand ? et surtout, pourquoi ?


En complément de l’approche archéologique, historique et ethnographique, il met en évidence des données linguistiques originales apportant un éclairage nouveau et inattendu sur ces singuliers monuments d’architecture vernaculaire.

 


© CERAV
Le 26 janvier 2024

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